Infrastructures
Kisangani se transforme : derrière les routes, le pari industriel de Mont Gabaon
Des routes se transforment à Kisangani, une ville historique de la RDC. Sur des axes autrefois difficiles à pratiquer, particulièrement pendant la saison des pluies, le bitume gagne progressivement du terrain.
Cette transformation est notamment portée par Mont Gabaon, société congolaise engagée dans l’asphaltage de 20 kilomètres de voirie urbaine répartis sur 24 axes. Au 20 août, 17 axes sont déjà pris en charge, avec plusieurs tronçons achevés, notamment 4 Janvier, Kasanda, Intercommunal, 8e Sayo et 5e Sayo. D’autres travaux se poursuivent sur la transversale Sayo, l’axe Kiwele et la 4e avenue Sayo.
Sur le terrain, l’amélioration est perceptible pour les usagers. Un taximan rencontré sur le tronçon de Kabondo témoigne de la différence : la circulation est devenue plus fluide là où les conditions étaient auparavant particulièrement difficiles pendant les pluies.
Pour les habitants interrogés, l’enjeu dépasse cependant la seule circulation. La réduction de la poussière et l’amélioration du cadre de vie font également partie des changements relevés sur les axes réhabilités.
Des routes, mais aussi une capacité industrielle qui s’installe
Derrière ces travaux routiers, Mont Gabaon développe en parallèle ses propres capacités de production. L’entreprise congolaise intervient dans plusieurs domaines, notamment les travaux publics, la construction, l’agro-industrie et le transport aérien.
Dans le secteur routier, elle a installé en moins de cinq ans trois centrales industrielles dans trois provinces : d’abord à Bunia, en Ituri, en 2023, ensuite à Isiro, dans le Haut-Uélé, puis à Kisangani, où la troisième centrale a été installée en juillet 2026.
Ces installations comprennent des centrales de production d’enrobés bitumineux et des unités de concassage. À Kisangani, la capacité annoncée est de 90 tonnes d’enrobés par heure, tandis que l’unité de concassage peut atteindre 150 tonnes par heure.
Pour l’entreprise, cette implantation au plus près des chantiers doit faciliter l’approvisionnement, réduire certaines contraintes liées au transport des matériaux et permettre une meilleure continuité dans l’exécution des travaux.
Des chantiers confrontés aux réalités de la ville
La réalisation des ouvrages n’est toutefois pas sans difficultés. Les réseaux de la REGIDESO, les occupations anarchiques de l’espace public et certains comportements inciviques compliquent par moments l’avancement des travaux.
Sur la qualité de la chaussée, les prescriptions contractuelles fixent l’épaisseur de la couche de roulement à 5 centimètres. Le directeur technique de Mont Gabaon Tshopo, l’ingénieur Patrick Bokota, assure que l’entreprise va au-delà de cette exigence sur certains travaux.
Au-delà des chiffres et des ouvrages, les effets commencent à se faire sentir dans le quotidien des habitants.
Le directeur provincial de la RTNC Tshopo, Awazi Mugeni Yabili, estime lui aussi que la présence de Mont Gabaon apporte déjà des changements visibles dans la ville, notamment avec l’amélioration de la circulation sur plusieurs axes.
Pour lui, l’action de l’entreprise mérite d’être encouragée. Il a également exprimé le souhait de voir naître un partenariat avec Mont Gabaon pour la construction d’un bâtiment destiné à la RTNC Kisangani.
De la route menant vers Wagenya à plusieurs axes proches de sites et institutions de la ville, les travaux touchent progressivement différents espaces de Kisangani.
La ville reste encore en chantier. Mais sur les axes déjà réalisés, une nouvelle silhouette apparaît. Kisangani change progressivement de visage.
Verite Johnson