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Kinshasa : Une « mystérieuse » correspondance de Ngobila à Peter Kazadi pour demander la levée de sa suspension

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Un document n’offrant pas toutes les garanties d’authenticité est tombé, dans la soirée de ce jeudi 25 janvier, à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, par l’entremise des voies officielles. Malgré les vérifications d’usages faites, les entourages des personnes concernées ( Ministre de l’Intérieur et gouverneur de la ville), ont, tour à tour, donné des informations contradictoires et hésitantes sur le même et unique document. 

En effet, dans cette correspondance du 19 janvier dernier, adressée au Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, sécurité et affaires coutumières, Peter Kazadi Kankonde, le gouverneur de la ville province de Kinshasa en suspension, Gentiny Ngobila, sollicite la levée de la sanction pésant sur sa personne. En un mot, l' »intraitable » gouverneur de la capitale ferait un mea culpa auprès du VPM de l’Intérieur.

D’abord, Gentiny Ngobila parle, dans sa correspondance, des accusations fallacieuses contre sa personne. « En effet, toutes les accusations portées contre moi et contenues dans le communiqué de presse de la CENI dont fraude, vandalisme de matériel électoral et détention illégale de DEV sont fausses et la CENI n’a aucune preuve matérielle pouvant soutenir ces accusations contre ma personne. Je n’ai jamais organisé une fraude, car je suis aimé par la population de la ville de Kinshasa et celle de la circonscription de Funa en particulier “, dit-il dans sa lettre de recours au patron de la territoriale en RDC, Peter Kazadi.

Et de poursuivre : “En ma qualité de gouverneur, comment aurais-je vandalisé les matériels de la. CENI alors que je suis dans l’obligation de les protéger et apporter à la dite CENI mon soutien sur le plan sécuritaire. L’accusation selon laquelle je disposais d’un dispositif électronique de vote n’est que l’œuvre des personnes qui ne cessent de me combattre politiquement. Qui m’aurait donné ce DEV? Et en avoir pour quelle fin”, s’interroge Gentiny Ngobila Mbaka.

Avant de finir sa lettre, il fait son mea culpa : “Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre, je me bats avec des personnes qui n’aiment pas le développement et l’avancement de la ville province de Kinshasa. Ils n’arrêteront jamais de m’accuser à chaque fois qu’ils ont l’occasion. ..Je sollicite la levée de la mesure contenue dans le message télégramme du 11 janvier 2024 afin de me permettre de continuer à présider sur la destinée de la ville à l’aube de la fin de mon mandat ». 

Rappelons que le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Peter Kazadi avait, sur base des accusations portées contre certains gouverneurs dont celui de Kinshasa, Équateur et Mongala, pris des mesures conservatoires en accordant l’intérim aux vice-gouverneurs en attendant de tirer au clair toutes ces accusations de fraude et vandalisme.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par

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Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.

Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.

Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.

C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.

Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.

Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.

C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.

Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?

Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli.  Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.

Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.

L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.

Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.

Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique. 

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