Société
Kinshasa : un événement sur la dépression pour briser le silence et « Guérir Ensemble » le samedi 14 mars
À Kinshasa, la question de la dépression reste largement sous-estimée, souvent perçue à tort comme une réalité « occidentale » éloignée des préoccupations africaines. Pourtant, de nombreuses personnes en souffrent en silence, sans diagnostic ni accompagnement adapté. C’est pour lever les tabous et ouvrir un espace d’échange que l’équipe « Guérir Ensemble », initiative portée par Maison de Grâce ONGD, organise un événement dédié à cette problématique le samedi 14 mars 2026.
Placée sous le thème de la guérison intérieure et de la libération de la parole, cette rencontre réunira huit femmes aux parcours inspirants, prêtes à partager leurs expériences autour de la santé mentale, de la résilience et du courage. À travers des témoignages et des échanges authentiques, les organisateurs souhaitent sensibiliser l’opinion sur une maladie qui touche toutes les couches sociales, souvent sans que les concernés ne mettent un mot sur leur souffrance.
Dans un contexte où les troubles dépressifs sont parfois assimilés à un manque de foi, de force ou de volonté, « Guérir Ensemble » se veut un cadre sécurisant pour comprendre que la dépression est une réalité médicale et psychologique. L’événement ambitionne ainsi de déconstruire les préjugés, d’encourager la recherche d’aide et de promouvoir une approche bienveillante et communautaire face à la détresse émotionnelle.
La rencontre se tiendra le 14 mars 2026 au Dachrisa Chapiteau. Les personnes intéressées peuvent réserver leur place en suivant les pages officielles de Maison de Grâce ONGD sur Facebook, Instagram et TikTok, où toutes les informations pratiques relatives aux inscriptions et aux modalités de participation sont régulièrement publiées.
Dorcas Mwavita
Société
« La femme n’est pas une tendance : elle est une fondation de la société » : Lettre ouverte aux femmes et aux jeunes filles
Lettre ouverte aux femmes et aux jeunes filles
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes
« La femme n’est pas une tendance : elle est une fondation de la société »
Chères femmes,
Chères jeunes filles, futures femmes, mères, épouses et éducatrices,
En ce jour où le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes, je me permets de vous adresser ces quelques mots, non seulement comme un hommage à votre dignité, mais aussi comme un appel à la conscience.
Car cette journée ne doit pas seulement être une célébration. Elle doit être un moment de réflexion, de responsabilité et de réveil collectif.
Depuis des décennies, la lutte des femmes a permis des avancées importantes : la reconnaissance de leurs droits, leur participation dans les espaces de décision, leur présence croissante dans les domaines scientifique, politique, économique et culturel. La femme d’aujourd’hui n’est plus seulement spectatrice de l’histoire ; elle en est devenue une actrice incontournable.
Mais une question demeure essentielle : Quelle femme sommes-nous en train de devenir pour construire quelle société demain ?
Car si l’histoire nous a appris que la femme est source de vie, gardienne des valeurs et première éducatrice de l’humanité, notre époque nous confronte aussi à de nouveaux défis.
La République démocratique du Congo est une nation riche de ses ressources, mais surtout riche de ses femmes courageuses. Des marchés de Kinshasa aux villages les plus éloignés du pays, la femme congolaise travaille, lutte, éduque et porte souvent sur ses épaules le poids de la famille et de la société. Elle est mère, éducatrice, entrepreneure, gardienne de la vie et de la dignité.
Cependant, notre époque expose aussi les jeunes filles à des illusions dangereuses : Le monde numérique et les réseaux sociaux
En effet, le monde numérique, surtout les réseaux sociaux ont ouvert des espaces d’expression et d’opportunités extraordinaires. Mais ils ont également créé des dérives inquiétantes : la banalisation de la dignité, la recherche excessive de visibilité, la réduction parfois de la valeur de la femme à l’apparence, à l’exposition du corps ou à la validation virtuelle.
Les réseaux sociaux imposent parfois des modèles de réussite superficiels où la valeur semble se réduire à l’apparence, à la popularité ou à la recherche de visibilité.
Mais l’avenir du Congo ne se construira pas avec des illusions numériques. Il se construira avec des femmes instruites, responsables, conscientes de leur dignité et engagées dans la transformation de la société. Car la femme congolaise n’est pas appelée seulement à survivre. Elle est appelée à bâtir la nation.
La véritable valeur d’une femme ne se mesure ni en « likes », ni en abonnés, ni en tendances numériques.
Elle se mesure à son intelligence, à sa dignité, à sa capacité d’éduquer, d’inspirer et de transformer la société.
L’avenir du Congo ne se construira pas avec des illusions numériques. Il se construira avec des femmes instruites, responsables, conscientes de leur dignité et engagées dans la transformation de la société.
Car la femme congolaise n’est pas appelée seulement à survivre. Elle est appelée à bâtir la nation.
Chères jeunes filles,
Vous êtes les mères de la nation de demain, même lorsque vous ne portez pas encore d’enfant. Vous êtes les premières architectes de la conscience humaine, car la société de demain se construit aujourd’hui dans votre manière de penser, de vivre et de vous respecter.
La question n’est donc pas seulement de savoir quels droits la société vous accorde, mais aussi quelle responsabilité vous choisissez d’assumer dans la construction de la société.
Une nation ne devient pas grande uniquement par ses richesses naturelles ou ses institutions politiques.
Elle devient grande par la qualité morale, intellectuelle et spirituelle de ses femmes.
Car derrière chaque grande civilisation se trouve toujours une femme qui a su transmettre des valeurs.
Chères femmes,
Vous êtes appelées à être bien plus que des consommatrices de modernité. Vous êtes appelées à être des bâtisseuses de conscience.
Dans un monde marqué par les crises morales, sociales et identitaires, la femme doit redevenir :
– gardienne de la dignité humaine,
– éducatrice des générations futures,
– voix de la justice et de l’équilibre social.
Une femme consciente de sa valeur devient toujours une force de transformation pour toute la société. Et l’avenir de notre nation dépend aussi de la réponse que les femmes et les jeunes filles donneront à cet appel.
Le thème « Droit, justice et action » nous rappelle que les droits ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils conduisent à une action responsable et constructive.
Le combat pour la dignité de la femme ne consiste pas seulement à réclamer une place dans la société.
Il consiste aussi à honorer cette place par la sagesse, la responsabilité et l’exemplarité.
Car une femme consciente de sa valeur ne se réduit jamais à ce qui la dégrade. Elle élève, Elle construit et Elle éclaire.
Alors, en ce jour symbolique, permettez-moi de vous poser cette question simple mais essentielle :
Quelle femme et quelle jeune fille voulons-nous être aujourd’hui pour construire quelle nation demain ?
Une nation forte naît toujours de femmes fortes dans leurs valeurs.
Puissiez-vous être cette génération de femmes qui ne se contente pas de suivre le monde, mais qui le transforme par la dignité, la sagesse et la responsabilité.
À toutes les femmes et à toutes les jeunes filles, recevez aujourd’hui non seulement des félicitations, mais surtout un appel à être les bâtisseuses conscientes de l’avenir de notre société.
Avec respect et espérance,
Régis MBUYI NGUDIE KULONDI
(Penseur, Éducateur, Consultant en Communication)
