Actualité
Kinshasa : Un atelier « Talatala+ » ouvre, ce vendredi, le débat sur l’avortement entre loi nationale et engagements régionaux
L’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, « Ebuteli », organise ce vendredi 12 septembre le 4ème atelier préparatoire du programme « Talatala+ », une initiative citoyenne et parlementaire soutenue par le National Endowment for Democracy.

La rencontre, qui se tient dans la salle de réunion d’Ebuteli à la Gombe, est consacrée à une thématique particulièrement sensible en République démocratique du Congo : l’interruption volontaire de la grossesse (IVG). En effet, alors que le Code pénal congolais (articles 165 et 166) maintient l’avortement dans le champ de l’interdit, le pays a également souscrit au Protocole de Maputo, qui engage les États africains à garantir certains droits reproductifs, dont l’accès à l’IVG dans des conditions spécifiques.
Un espace de réflexion citoyenne

L’atelier « Talatala+ » vise à créer un espace de dialogue entre chercheurs, acteurs de la société civile et citoyens engagés. Les participants sont invités à débattre des enjeux éthiques, juridiques, sanitaires, culturels et religieux autour de la question.
« Cet atelier permettra non seulement d’enrichir l’état des lieux présenté par les chercheurs d’Ebuteli, mais aussi de recueillir les perceptions et propositions des citoyens », explique Fred Bauma, directeur exécutif d’Ebuteli.
Vers des propositions concrètes pour le Parlement

Au-delà des échanges théoriques, l’objectif est de formuler des pistes de solutions réalistes qui seront transmises aux députés lors du prochain hackathon législatif Talatala+. Ces propositions pourraient prendre la forme de projets de loi, de mécanismes de contrôle parlementaire ou encore de recommandations pratiques.
L’approche adoptée se veut participative : chaque initiative issue du hackathon sera portée par un député désigné comme « champion », chargé de défendre la proposition au sein de l’Assemblée nationale.
Une question sensible et urgente

La question de l’avortement en RDC reste marquée par un profond tabou social et religieux. Pourtant, les chiffres de la mortalité maternelle liés aux avortements clandestins interpellent les acteurs de santé publique et les défenseurs des droits humains.
Cet atelier constitue donc une étape importante pour concilier les réalités locales avec les engagements internationaux, dans un esprit de dialogue constructif et inclusif.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET