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Kinshasa : Sur initiative de l’UNESCO, des journalistes en ligne proposent des actions de plaidoyer pour réduire les crimes commis à leur encontre
La sécurité des journalistes en ligne en période de crise et d’urgence en République démocratique du Congo, reste une question cruciale à laquelle le bureau de l’UNESCO Kinshasa s’emploie à trouver des solutions flexibles pour mettre fin aux crimes dont sont victimes les journalistes à Kinshasa et en RDC.
Cette question combien importante pour la vie du journaliste Kinois a été au centre d’un atelier organisé ce jeudi 28 novembre 2024, par le Bureau de l’UNESCO à Kinshasa, s’inscrivant dans le cadre de commémoration de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 02 novembre.
Près d’une vingtaine de participants à savoir, les journalistes venus de différentes structures dont l’UNPC et MIL (Médias d’informations en ligne) ont engagé une discussion plus large sur la sécurité du journaliste, en mettant un accent particulier sur le journaliste en ligne.
Ils ont décelé les causes principales (endogènes et exogènes) qui sont à la base de l’insécurité du journaliste, à savoir, la manipulation, la non application du code de numérique, le déficit de collaboration entre les instances de protection de la population notamment la Police, le cadre légal incomplet, l’insuffisance, l’inadaptation et le déficit de la maîtrise du cadre légal, pour n’en citer que ceux-ci.
Cependant, quelques recommandations ont été préconisées pour la réduction des crimes et impunités faits contre les journalistes en ligne en République démocratique du Congo.
Parmi des actions de plaidoyer proposées, il y a la vulgarisation des textes légaux portant l’exercice de la liberté de la presse et la protection du journaliste dans l’exercice de sa profession. Les participants ont également préconisé un atelier entre l’UNPC et l’école de formation de la police pour la mise en place d’un module qui devra harmoniser les relations entre les services de sécurité et la Presse, ect.
Dans son allocution, le représentant-pays de l’UNESCO, Dr Isaias Berreto da Rosa a insisté sur la nécessité de garantir la protection de ces hommes et femmes qui travaillent d’arrache-pied pour apporter une information de qualité et crédible aux citoyens, contribuant à l’atteinte des Objectifs de développement durable.
« Ce travail du journaliste est un pilier de la démocratique sans lequel, la démocratie est en cause. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux tout le monde a la possibilité de relayer les informations; Il y a une montée des discours de haine, mais les journalistes ont un travail noble d’apporter des informations verifiées et crédibles », a déclaré Dr Isaias Berreto da Rosa.
Le professeur Lino Pungi qui a facilité ces échanges, a fait le background sur la liberté de la presse. Il a rappelé que l’article 19 de la Déclaration universelle de droits de l’homme garantit l’accès à l’information, qui est droit fondamental.
Le facilitateur n’a pas manqué également d’évoquer le Plan d’action des Nations Unies; les dispositifs de l’Union africaine et la position de l’UNESCO sur la sécurité du journaliste.
Il sied de noter que quelques responsables de la Police ainsi que les autorités gouvernementales ont également pris part à cet atelier.
Willy Theway Kambulu/ CONGOPROFOND.NET
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Meurtre du policier “Me Bic Rouge” : Le ministère public requiert la peine de mort contre le militaire Kaseba Katembwe
L’audience publique dans l’affaire du meurtre du policier Mumposa Ngetadidi Joslain, alias « Me Bic Rouge », s’est poursuivie ce vendredi 13 mars 2026. Le principal prévenu, Kaseba Katembwe, militaire de la Garde républicaine, continue de rejeter toute responsabilité dans ce drame.
À la barre, le prévenu a de nouveau déclaré ne jamais avoir connu la victime de son vivant. Il affirme également ne s’être jamais rendu à l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise et nie catégoriquement toute implication dans la mort du policier.

Le ministère public évoque des témoignages accablants
De son côté, le ministère public soutient que les éléments de l’enquête contredisent la version du militaire. Selon les renseignements recueillis, un témoin cité dans le dossier, Manituka, affirme que Kaseba Katembwe et Itani Félicien se trouvaient bel et bien au poste de police Révolution au moment des faits.
Toujours selon l’accusation, les deux hommes auraient ouvert le feu sur le policier Ngetadidi Joslain, qui a succombé à ses blessures. Le corps de la victime se trouve toujours à la morgue en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au samedi 14 février 2026, une date qui reste gravée comme un jour de deuil pour la famille de la victime.
Policier en service, Mumposa Ngetadidi Joslain, surnommé Me Bic Rouge, a été mortellement atteint par balle lors d’une intervention qui semblait pourtant ordinaire.
D’après les témoignages recueillis par la famille, le policier aurait été abattu par un militaire de la Garde républicaine.
Une tentative d’extraction forcée au cœur de l’affaire

Selon les premières reconstitutions des faits, tout serait parti de l’arrestation d’un jeune homme présenté comme Kuluna, soupçonné du vol d’une moto. Peu après son interpellation, son frère ( un militaire) se serait présenté au poste de police accompagné d’autres soldats armés afin d’exiger sa libération.
La situation aurait rapidement dégénéré en vive altercation entre les militaires et le policier Mumposa Ngetadidi Joslain, qui était alors en service au poste de police Révolution.
C’est au cours de cette dispute que l’un des militaires aurait fait usage de son arme, tirant à bout portant sur le policier, qui s’est effondré grièvement blessé.
La peine capitale requise, verdict attendu
Au regard de la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de mort contre Kaseba Katembwe, ainsi que contre les membres présumés de son groupe, notamment Manituka Ditumene et Tambwe Kasongo.
L’audience ayant été renvoyée, le tribunal devra poursuivre l’examen du dossier afin d’établir les responsabilités dans ce drame qui a profondément choqué l’opinion à Kinshasa. La famille de la victime, quant à elle, continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du policier Me Bic Rouge.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
