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Kinshasa sous l’eau : Détresse populaire, silence des autorités…
Des pluies diluviennes ont frappé la capitale congolaise dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant des inondations de grande ampleur dans plusieurs communes. Ngaliema, Kimbaseke, Matete, Bandalungwa et Malweka sont parmi les plus touchées. Les dégâts matériels sont considérables, et plusieurs témoignages font craindre des pertes en vies humaines.
Ngaliema : la rivière Binza déborde, danger autour du pont Mulende
Dans le quartier Manenga, commune de Ngaliema, la rivière Binza est sortie de son lit. Une maison s’est effondrée juste avant le pont Mulende. Bien que ce dernier reste praticable, la montée des eaux représente une menace directe pour les riverains. Plusieurs familles sont en détresse. Les habitants appellent à une intervention urgente.
Malweka : la rivière Lukunga en crue
À Malweka, la crue de la rivière Lukunga a provoqué l’inondation de nombreuses zones résidentielles. L’eau a envahi les rues, rendant la circulation impossible. Les autorités locales n’ont pas encore réagi. Une vigilance extrême est de mise.
Kimbaseke et Matete : des quartiers submergés
Au quartier Kutu (Kimbaseke), les habitants ont été réveillés à 3 h du matin par l’eau qui envahissait leurs maisons. À Matete, plusieurs rues sont sous l’eau, rendant les déplacements impraticables. Aucune victime n’est signalée pour l’instant, mais les dégâts matériels sont importants.
Bandalungwa : désespoir et abandon à Makelele
À Bandalungwa, dans le quartier Makelele, la situation est dramatique. Les caniveaux, déjà bouchés par du sable depuis plusieurs semaines, ont cédé sous la pression de l’eau. Les maisons sont inondées, les rues transformées en rivières.
« On vit littéralement dans l’eau », confie un habitant.
Dans cette zone, plusieurs jeunes se sont réveillés désemparés. Fatigués de lutter seuls, ils ne savent plus où donner de la tête.
« On ne sait même plus par où commencer. Est-ce qu’on doit dégager les caniveaux ? Sortir le sable ? On est fatigués. Depuis tout ce temps, aucune autorité ne s’est présentée », déplore l’un d’eux.
Un autre témoignage bouleverse : une femme d’environ 70 ans vit dehors depuis plus de trois semaines avec son mari de 82 ans. Le mur de leur maison s’est écroulé lors de la pluie du 1er mai. Ils n’ont reçu aucun soutien.
« Elle dort dehors, elle mange dehors, elle pleure. Ce matin encore, elle demandait à Dieu de prendre son âme. Elle dit qu’elle a trop souffert, que ceux pour qui elle a voté ne sont pas là pour elle. »
La population de Kinshasa appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à cette catastrophe annoncée. Une réponse d’urgence est attendue, tant sur le plan humanitaire qu’infrastructurel.
Dorcas Mwavita / CongoProfond.net
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
