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Kinshasa : « Sans identité, il n’y a pas d’avenir », Mfumu Difima met la jeunesse face à l’urgence du retour aux valeurs traditionnelles

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Le président et autorité coutumière de la RDC et de l’Afrique, le Roi Mfumu Difima Ntinu, a livré ce samedi 29 novembre 2025 une allocution marquante lors de la conférence de clôture du Festival national des hommes de lettres, organisé à l’Université de Kinshasa. Devant une pléthore d’étudiants venus des quatre coins de la capitale, il a abordé le thème : « Les pouvoirs traditionnels face à la jeunesse pour la paix durable en RDC », appelant les jeunes à retrouver leurs repères culturels pour contribuer à la reconstruction morale du pays.

Au cœur de son message, Mfumu Difima a évoqué une jeunesse « qui se cherche », comparant le monde contemporain à « un paysage qui s’efface » sous le poids d’érosions morales et sociales. Usant d’images bibliques, il a décrit la responsabilité des autorités coutumières comme celle « d’une mère qui crie depuis les montagnes pour interpeller ses enfants » et les avertir des dérives qui menacent de les emporter. Il a ainsi appelé les jeunes à prendre conscience des dangers qui les entourent et à se ressaisir avant que « l’enclos condamné » ne s’effondre.

Le Roi Difima a rappelé que la perte de repères de la jeunesse n’est pas seulement de son fait, mais également la conséquence d’un défaut de transmission culturelle : « La jeunesse ne s’est pas perdue par sa faute mais par notre faute », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de restaurer les garde-fous qui garantissent l’équilibre social. Il a salué l’initiative du festival, qui lui a permis d’échanger directement avec les étudiants, louant leur soif de comprendre, de questionner et de se réapproprier leur identité.

Dans un plaidoyer appuyé pour la culture, Mfumu Difima a souligné que l’avenir ne peut être construit sans une conscience enracinée : « La culture, c’est l’identité que nous représentons dans la vie. On vous a appris à vous éloigner de la vieillesse, mais la culture est vieille, et c’est sa vieillesse qui la tient. » Il a exhorté les universités à multiplier de telles rencontres pour permettre aux jeunes de renouer avec les valeurs qui façonnent le Congo profond.

L’échange qui a suivi son allocution a été l’un des moments les plus forts de la rencontre. Les étudiants, nombreux et engagés, ont exposé leurs préoccupations liées à la perte de repères, à l’image internationale de la RDC et à la quête d’identité dans un monde globalisé. Mfumu Difima leur a apporté des réponses jugées « efficaces », mêlant orientations morales, conseils pratiques et éclairages historiques sur la valeur des institutions traditionnelles dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Dans la foulée, le Roi Difima a rappelé son inquiétude face au recul des valeurs dans la société congolaise, tout en saluant la volonté de la jeunesse de comprendre et de se redresser. « Il est temps de se ressaisir », a-t-il insisté, invitant les jeunes à défendre l’image du pays et à reconnaître, comme d’autres nations africaines le font, l’importance de rétablir et renforcer leur identité. Il a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les universités et les organisations qui œuvrent à raviver l’héritage culturel, convaincu que la paix durable en RDC passe par une jeunesse réconciliée avec ses racines.

Exaucé Kaya

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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