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Kinshasa : « Outre Neuve Asbl » gratifie les prisonnières de Makala des bandes hygiéniques
En marge de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, près de 200 filles et femmes incarcérées à la Prison centrale de Makala ont bénéficié, le samedi 1er juin, d’un don en bandes hygiéniques. Œuvre de l’association sans but lucratif » Outre Neuve », ses animateurs ont aussi remis d’autres bien de première nécessité ( sucre, savon de toilette, savon de ménage, etc.) et des habits pour les enfants de certaines détenues.
Invitée à expliquer le sens de ce geste, la coordinatrice de cette Ong, Me Charlène Yangazo Dimba, a fait savoir que la situation carcérale de la femme constitue l’une des épines dans le talon de droits humains en RDC. » Ces femmes vivent dans des conditions de détention inacceptables. Car en sus de leur privation de liberté, elles sont privées de leurs droits fondamentaux, quoi qu’ayant déjà des problèmes spécifiques liés à leur nature féminine », a-t-elle ajouté.
» Dans ces cachots les problèmes sont légion. Mais les problèmes généraux les plus fréquents et récurrents demeurent : la sous-alimentation, le manque d’hygiène et des soins de santé. L’unique aliment dont bénéficient ces femmes de la part la prison est le haricot surnommé Vungulé, (déformation de l’expression » Vous mourrez! ») », a expliqué l’avocate.
Lançant un cri d’alarme à la communauté nationale et internationale, Me Charlène Yangazo a fait savoir qu’il y a nécessité de se pencher sur la situation des filles et femmes incarcérées dans nos prisons, cachots et amigos où l’insalubrité et la promiscuité favorisent la transmission des nombreuses maladies.
Notons que c’est près de 200 femmes et une dizaine d’enfants qui sont logées dans un seul pavillon de la prison de Makala à Kinshasa, construit à l’origine pour contenir 90 personnes.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
