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Kinshasa: Néron Mbungu exige une commission d’enquête sur la gestion de Ngobila

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Dans une correspondance signée le 31 mars 2021, avec copie aux autorités du pays, notamment le Président de la République, le vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Néron Mbungu Mbungu, demande au Bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa de mettre sur pied une commission d’enquête sur la gestion de l’Exécutif Provincial de la Ville de Kinshasa. Sans prendre des détours, il révèle qu’il y a une mauvaise gestion de la ville de Kinshasa depuis l’investiture de son Gouvernement par l’Assemblée Provinciale jusqu’à présent.

En effet, explique-t-il, à l’aube de l’avènement du deuxième anniversaire de notre élection à la tête de la Ville de Kinshasa en date du 10/04/2019, après une observation sur la gestion de la ville, il a relevé de graves dysfonctionnements sur la gouvernance de la ville que j’ai tenu à porter devant votre auguste assemblée. Il s’agit notamment des points suivants :
1. La non-tenue des Conseils de ministres depuis plus d’une année ;
2. La non-application du principe d’ordonnancement des dépenses de la ville ;
3. La signature des contrats avec des tiers sans au préalable une délibération en Conseil des ministres ;
4. La conclusion par la procédure des marchés de gré à gré sans procéder par celle d’appels d’offres tant nationaux qu’internationaux d’une part, et, sans obtenir préalablement les avis de la Direction Provinciale de Contrôle des Marchés publics d’autre part.

Aucun conseil des ministres depuis 1 an ! 

Conformément à l’article 28 dernier alinéa, et à l’article 29 de la loi portant libre administration des provinces, Néron Mbungu souligne que le Conseil de ministres reste le cadre privilégié de délibération et de prise des décisions du Gouverneur et des ministres provinciaux sur les arrêtés.  » C’est le cadre organique où je pouvais m’exprimer conformément à l’article 23 alinéa 1e de la loi précitée. Malheureusement, la dernière convocation du Conseil des ministres n’a eu lieu que le 07 février 2020, soit depuis plus d’une année », regrette-t-il.

Même si par ailleurs, le Chef de l’Etat a interdit pendant la crise de COVID-19, les regroupements de plus de 10 personnes, Néron Mbungu rappelle qu’il avait néanmoins pris des dispositions pratiques avec l’usage de la nouvelle technologie de l’information et de la communication afin de permettre la continuité de la tenue des conseils des ministres pendant cette période. « Le Gouverneur, malheureusement, n’a pris aucune initiative allant dans ce sens conduisant ainsi à une paralysie systématique de la Gouvernance de la Ville dans le cadre de son fonctionnement qui désormais était concentrée entre ses seuls mains et celles de son cabinet alors qu’il existe l’APDNK. (L’agence provinciale du développement du Numérique de Kinshasa) qui pouvait être instruite pour l’installation d’un système qui aurait permis la tenue des Conseils des Ministres par visio-conférence », fait-il noter.

A contrario, au courant de la même période d’absence des Conseils de Ministres, le Gouverneur a organisé d’autres réunions au sein de l’Hôtel de Ville avec les syndicalistes du Marché Central et les représentants des partis politiques pour discuter avec l’autorité provinciale sur l’autorisation de manifestations publiques, etc.

Dans le même registre, le vice-gouverneur en froid avec son titulaire fait noter aussi qu’il y a eu un remaniement ministériel au courant de la même période et qu’il n’y a jamais eu tenue d’un Conseil des Ministres tant virtuel que physique convoqué par le Gouverneur jusqu’à ce jour.
 » Mais je remarque d’importantes décisions prises par la Ville de Kinshasa pendant cette période, sans délibération préalable en Conseil des ministres, notamment le projet d’édit budgétaire 2021, déposée et adoptée par l’Assemblée provinciale de Kinshasa », a-t-il martelé.

Non-application du principe d’ordonnancement des dépenses de la Ville de Kinshasa

Selon les dispositions de l’Article 11, de l’arrêté n°SC/190/CAB/GVK/GNM/2019, du 15 juillet 2019, c’est le Ministre provincial des Finances qui est censé être l’ordonnateur des dépenses de la Ville de Kinshasa. Il appert qu’à ce jour, les signatures reprises sur les comptes de la Ville auprès des banques commerciales sont celles de l’Ordonnateur Délégué et du Gouverneur. « Cette situation de confiscation qui ne dit pas son nom, de la signature du Ministre provincial des Finances sur les comptes bancaires de la Ville, par le Gouverneur, a créé le dysfonctionnement de la chaine de dépenses existante, une confusion au niveau des banques, le dépôt tardif du projet d’édit portant réédition des comptes de la Ville de Kinshasa pour l’exercice 2019 avec une omission des annexes du rapport de la Cour des comptes d’une part et de sa non-adoption en conseil des ministres d’autre part, ainsi qu’une violation des articles 6,82,82,83 du décret n°13/050 du 06 novembre 2013, portant règlement général sur la comptabilité publique comme pourra le constater la commission d’enquête que vous voudriez bien instituer pour vérifier la pertinence de mes propos », a-t-il ajouté.

Des Contrats avec des tiers sans au préalable une délibération en Conseil des Ministres

Depuis mars 2020, plusieurs marchés publics ont été octroyés à des partenaires sans la délibération du Conseil des Ministres. Pourtant, le Gouverneur ne pouvait avaliser les arrêtés y relatifs après débat et délibération au Conseil des ministres conformément à l’article 28 de la loi de 2008 sur la libre Administration des Provinces.

A ce jour, plusieurs appels d’offres ont été signés avec des tiers parfois en violation des dispositions de l’édit n°002 du 19 octobre 2012, fixant les règles relatives aux marchés publics d’intérêt provincial et local de la Ville de Kinshasa, ouvrant ainsi la voie à des critiques notamment sur l’absence des publicités, la violation des règles sur les appels d’offres ainsi que sur les seuils des montants fixés en Franc congolais dans ledit Edit dans le cadre des marchés publics d’intérêt provincial et local de la Ville de Kinshasa. « Ces différentes violations pourront être constatées et vérifiées par la commission d’enquête que vous voudriez bien instituer », a conclu le vice-gouverneur.

Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET

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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)

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Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.

Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science

Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.

Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.

Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »

Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.

Le courage d’informer malgré la guerre

 

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.

Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.

Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.

Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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