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Kinshasa : Lucha brutalisée pour avoir dénoncé un partenariat opaque au ministère des Sports
Une vive tension a éclaté jeudi 17 juillet devant le ministère des Sports à Kinshasa, où des militants du mouvement citoyen Lucha ont été violemment dispersés alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre un partenariat jugé opaque entre la République démocratique du Congo et des clubs européens.
Les organisateurs affirment avoir informé les autorités, notamment le gouvernorat de la ville, de leur intention de tenir une manifestation pacifique.
« Nous avions notifié le gouverneur pour que la police encadre la marche. Mais à notre grande surprise, ce sont des membres de la milice dénommée Forces du Progrès, réputée proche de l’UDPS, qui nous ont agressés physiquement, sous les regards passifs de la police », a déclaré l’un des manifestants visiblement choqué.
Selon plusieurs témoignages recueillis, les manifestants ont été roués de coups, séquestrés à l’intérieur du ministère, dépouillés de leurs effets personnels (téléphones, montres, argent) et contraints, sous la menace, à enregistrer des vidéos à l’encontre de leur propre volonté.
« Nous avons été torturés. Certains camarades sont blessés. Nous avons été obligés de faire une vidéo contre notre gré. Ils nous ont menacés en disant qu’ils savaient où chacun de nous habitait, et qu’ils viendraient nous retrouver chez nous », a expliqué un membre de la Lucha, encore sous le choc.
Les manifestants mettent clairement en cause le ministre des Sports, Didier Budimbu, qu’ils accusent d’avoir orchestré cette attaque à travers des groupes instrumentalisés.
« C’est un défi lancé à la démocratie et à la liberté d’expression. Si hier ils ont mobilisé 200 personnes pour nous réprimer, qu’ils sachent que demain il leur faudra en mobiliser mille », a averti un militant dans une déclaration vidéo.
À l’origine de la manifestation se trouve un accord de partenariat signé récemment entre le ministère des Sports et certains clubs européens. Pour la Lucha, ce projet n’est ni prioritaire ni pertinent dans un contexte de crise humanitaire, économique et sécuritaire aiguë.
« Le pays souffre, l’Est est en guerre, les jeunes sont sans emploi, et on engage des fonds publics dans des sponsorings douteux avec des clubs étrangers. Cela ne changera rien au sort des Congolais », dénoncent les organisateurs.
La Lucha tient à avertir l’opinion publique nationale et internationale. « Nous tenons le ministre Budimbu et ses complices pour responsables de tout ce qui pourrait nous arriver. Si un seul de nous est agressé, c’est lui qui devra répondre. Nous demandons à la population de rester vigilante et solidaire. Ce combat est pacifique, mais il est aussi juste ».
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net