Société
Kinshasa : les caniveaux bouchés par les immondices, facteur d’inondation sur l’avenue Commerce
Depuis 2025, les inondations sont devenues un phénomène fréquent à Kinshasa. L’avenue Commerce, particulièrement à son point de jonction avec l’avenue Bokasa, figure parmi les axes les plus touchés, régulièrement envahis par les eaux après chaque forte pluie.
Cette situation s’explique notamment par une mauvaise gestion des déchets observée auprès de certains vendeurs. Incapables de gérer correctement les restes de leurs marchandises, plusieurs les jettent directement dans les caniveaux. Ces derniers se retrouvent alors bouchés, empêchant l’écoulement normal des eaux de pluie et provoquant ainsi des inondations sur les trottoirs.
Les piétons, de leur côté, ne trouvent pas toujours d’endroits appropriés pour jeter leurs bouteilles en plastique, sachets ou autres déchets. Beaucoup préfèrent alors les abandonner dans la rue ou dans les caniveaux. Toutes ces pratiques contribuent à la dégradation de l’avenue, qui devient impraticable après chaque pluie.
« Après chaque pluie, le marché devient désert et les clients disparaissent », a déclaré Hugo Musangu, commerçant sur l’avenue Bokasa.
Située en plein centre-ville de Kinshasa, l’avenue Commerce constitue une artère importante dans une zone fortement urbanisée.
Elle s’inscrit dans un réseau d’axes majeurs reliant plusieurs avenues stratégiques, notamment le Boulevard du 30 Juin, l’avenue Kasa-Vubu et l’avenue Bokasa. Elle facilite l’accès au grand marché de Kinshasa et constitue un véritable lieu d’échanges et d’interactions sociales entre clients, commerçants et passants au quotidien.
Cette avenue favorise également la circulation des biens et des services, occupant ainsi une place stratégique dans l’économie de la ville.
Face à cette situation, un curage urgent des caniveaux est vivement sollicité auprès des autorités urbaines.

Par ailleurs, il sied de souligner que depuis le mercredi 22 avril, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a lancé l’opération « Balabala eza wenze te », consistant à déguerpir les vendeurs installés sur la voie publique autour du grand marché.
Pour certains observateurs, le numéro un de la ville gagnerait à faire d’une pierre deux coups en lançant également une vaste opération d’assainissement des avenues qui entourent le grand marché, notamment les avenues Kasa-Vubu, Commerce et Bokasa.
Elvit Kumbu, stagiaire UCC
Société
Kinshasa : entre manque de poubelles et incivisme, l’insalubrité devient une menace quotidienne
À Kinshasa, la question de l’insalubrité urbaine demeure l’un des défis majeurs du quotidien. Dans la commune de Ngaliema, particulièrement dans le secteur de l’UPN, les déchets visibles le long des artères et dans les caniveaux traduisent une crise environnementale devenue presque ordinaire. Bouteilles en plastique, sachets, restes alimentaires et autres immondices jonchent régulièrement la voie publique, donnant à voir une ville confrontée à un double problème : l’insuffisance des infrastructures de gestion des déchets et le manque d’éducation citoyenne.
Sur plusieurs axes de ce secteur, il n’est pas rare de parcourir de longues distances sans apercevoir la moindre poubelle publique. Dans certains cas, un habitant peut marcher près d’un kilomètre sans trouver un point de dépôt approprié pour ses déchets. Cette absence d’équipements pousse malheureusement de nombreuses personnes à jeter bouteilles, emballages et sachets directement sur la chaussée ou dans les caniveaux. Pourtant, ces gestes, aussi banalisés soient-ils, ont des conséquences lourdes sur l’environnement urbain.
Lorsque les pluies surviennent, ces déchets sont entraînés vers les caniveaux qu’ils finissent par obstruer. L’eau ne pouvant plus s’évacuer normalement, elle stagne puis déborde, provoquant des inondations, des dégâts matériels et des risques sanitaires importants. Au final, les premières victimes restent les habitants eux-mêmes, notamment les populations vivant dans les zones les plus exposées. Ce ne sont pas les institutions qui subissent directement les eaux dans les habitations, mais bien les familles des quartiers populaires.
Cependant, si la responsabilité des autorités est engagée dans le déficit de poubelles publiques et dans l’absence d’un système régulier de collecte, la population ne peut pas non plus être dédouanée. Le manque d’éducation environnementale reste un facteur majeur. Même en l’absence de poubelles à proximité, plusieurs citoyens reconnaissent qu’il serait possible de conserver temporairement leurs déchets dans un sac ou dans leurs effets personnels afin de les jeter une fois rentrés à domicile. Ce réflexe, encore peu développé, fait défaut dans les habitudes quotidiennes.
L’insalubrité à Ngaliema, comme dans d’autres communes de Kinshasa, apparaît ainsi comme le résultat d’une responsabilité partagée : d’un côté, les pouvoirs publics doivent améliorer la présence des poubelles et organiser efficacement la collecte ; de l’autre, la population doit adopter une discipline plus rigoureuse pour éviter d’aggraver les risques d’inondation et de pollution. La propreté de la ville ne dépend pas uniquement des autorités : elle commence aussi par le comportement de chacun.
Marthe Tshiela, stagiaire UCC
