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Kinshasa : Le tribunal pour enfants en détresse, le ministre de la Justice face à une réalité alarmante à N’djili 

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Le tribunal pour enfants de Kinshasa-Kinkole fonctionne dans des conditions indignes de sa mission, a constaté le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa A. Andali, lors de sa tournée d’inspection.

Guidé par la juge présidente Florence Ngalula, le ministre a visité l’ensemble des installations judiciaires. Le constat est amer : les bureaux des juges, greffiers et assistants sociaux sont installés dans des conteneurs vétustes, sans véritable salle d’audience ni matériel adéquat pour assurer un service public efficace.

Sur place, un cadre du tribunal a dénoncé avec amertume le manque chronique de moyens financiers. « Depuis près de cinq ans, nous ne recevons ni frais de fonctionnement ni rétrocession. Malgré notre engagement, les tribunaux pour enfants sont laissés pour compte », a-t-il confié.

Ces conditions précaires n’entament pourtant pas la détermination du personnel judiciaire, qui continue de se battre pour assurer la protection et la réinsertion des enfants en conflit avec la loi. Leur sens du devoir reste intact, malgré la dureté du quotidien.

Cette visite a également mis en lumière les nombreux défis auxquels sont confrontés les tribunaux pour enfants à travers le pays :

– Le manque d’infrastructures et de ressources, rendant difficile un fonctionnement optimal ;

– La formation insuffisante du personnel, souvent non spécialisé pour traiter les dossiers des mineurs ;

– Les pressions culturelles et sociales influençant la perception de l’enfant en conflit avec la loi ;

– L’insuffisance de structures de réinsertion, pourtant essentielles pour prévenir la récidive ;

– La faible sensibilisation, y compris parmi les familles et certains acteurs de la justice.

Face à ce constat, plusieurs pistes de réforme sont évoquées pour renforcer la justice juvénile en République démocratique du Congo : rénovation des infrastructures, formations spécialisées, création de centres de réinsertion, promotion de la médiation, campagnes de sensibilisation et implication des enfants dans les processus qui les concernent directement.

La visite du ministre Guillaume Ngefa a permis de jeter une lumière crue sur la réalité du terrain et de rappeler l’urgence d’une action concertée. Des mesures concrètes sont désormais attendues pour restaurer la dignité de ces juridictions et garantir une justice adaptée, humaine et protectrice envers les enfants.

Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET 

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Kabila dans le viseur de Washington : Sanctions, accusations et isolement accru

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Les États-Unis ont franchi un cap décisif le 30 avril en inscrivant l’ancien président congolais Joseph Kabila sur la liste des sanctions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dans le cadre du programme DRCONGO.

Washington évoque des liens présumés avec des groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment le Mouvement du 23 mars et l’Alliance Fleuve Congo (AFC).

Le cadre juridique des sanctions

Cette mesure s’appuie sur l’Executive Order 13413, modifié par l’Executive Order 13671, des instruments juridiques permettant aux autorités américaines de cibler les acteurs accusés de déstabiliser la République démocratique du Congo.

Concrètement, cette désignation entraîne le gel immédiat de tous les avoirs de Joseph Kabila relevant de la juridiction américaine.

Un isolement financier et diplomatique renforcé

Au-delà du gel des avoirs, ces sanctions interdisent toute transaction entre l’ancien chef de l’État et des citoyens ou entreprises des États-Unis.

Une décision qui accentue son isolement sur les plans financier et diplomatique, limitant fortement ses marges de manœuvre à l’international.

Des accusations précises du Trésor américain

Selon le Trésor américain, via l’OFAC, plusieurs griefs sont retenus contre l’ancien président :

Un soutien présumé au M23 et à l’AFC, notamment sur les plans financier et logistique

Une volonté de déstabilisation des institutions congolaises à travers ces mouvements

Des tentatives d’influence sur la situation sécuritaire dans l’est du pays

L’encouragement supposé de défections au sein des FARDC au profit des groupes rebelles

Des initiatives avortées d’attaques contre les forces armées congolaises depuis l’étranger

Une stratégie politique visant à favoriser un candidat opposé au pouvoir en place

Sur cette base, l’OFAC estime que Joseph Kabila aurait « matériellement assisté, parrainé ou fourni un soutien » à ces organisations.

Un contexte national déjà explosif

Ces sanctions interviennent dans un climat particulièrement tendu en RDC. À Kinshasa, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a été suspendu et ses biens saisis.

Par ailleurs, la Haute Cour militaire a condamné l’ancien président à mort par contumace en octobre 2025 pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel.

Une pression internationale et interne convergente

Avec cette décision, Washington renforce la pression déjà exercée par les autorités congolaises. Entre poursuites judiciaires nationales et sanctions internationales, l’ancien président se retrouve désormais au cœur d’un dispositif de sanctions et d’accusations sans précédent, redéfinissant les équilibres politiques autour de son influence.

Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET 

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