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Kinshasa : le Marché central de nouveau fermé
Dans un communiqué officiel daté du 12 janvier 2021, sous la signature de Sam Leka Sampie, ministre provincial de l’Intérieur, Sécurité, Justice et Affaires coutumières, il est fait état de la fermeture du Marché central de Kinshasa, pour une durée indéterminée, pour cause des travaux de réhabilitation.
Les vendeuses et vendeurs de ce lieu de négoce en ont jusqu’au 20 janvier 2021 pour déménager et se « relocaliser » dans les marchés périphériques.
Le ministre Sam Leka Sampie fait savoir que sa décision est prise « en exécution de l’arrêté n°SC/001/CAB/GVK/GNM/2021 du 11 janvier 2021 du Gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila Mbaka, portant fermeture du Marché central de Kinshasa, et relocalisation temporaire de ses structures. Ainsi, il est porté à la connaissance de la population kinoise que pour raison d’assainissement et de réhabilitation, le Marché central de Kinshasa est fermé au public jusqu’à l’achèvement desdits travaux».
Ce membre du gouvernement provincial invite les vendeuses et vendeurs à aller occuper les étalages des marchés provisoires dont ceux du 24 novembre, Itaga, Kabinda et Kalembelembe.
Le délai de déménagement court jusqu’au 20 janvier 2021. Les agents chargés du suivi de cette décision sont appelés à sa stricte observance.
Il sied de rappeler que le Marché central de Kinshasa avait été fermé du mois d’avril à celui de septembre, pour la même raison, avant d’être rouvert anarchiquement par ses vendeuses et vendeurs, qui avaient décidé de mettre en application une mesure du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, prise au mois de juin, et bloquée par le gouverneur de la ville, portant reprise de ses activités marchantes.
Le souhait des Kinoises et Kinois est que cette fois, le Marché Central connaisse une réhabilitation de fond en comble, dans le sens de sa modernisation et de son agrandissement. L’autre souhait est que les principales avenues qui permettent d’y accéder et d’en sortir, au moyen des automobiles, telles que Plateau et Marais, soient également réaménagés, de manière a rendre fluide les mouvements des personnes et des biens.
Elda Along/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
