Actualité
Kinshasa : Le gouvernement lance un programme de 5.800 logements sociaux pour moderniser l’habitat urbain
Le ministre d’État, ministre de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, a lancé ce samedi 22 novembre 2025 les travaux d’un ambitieux programme immobilier de 5 800 appartements sociaux. La pose de la première pierre, organisée sur le site de la future Cité-Jardin de Kinshasa, marque une nouvelle étape dans la politique nationale de modernisation de l’habitat. À travers ce projet, le gouvernement entend réduire le déficit chronique en logements décents et offrir aux familles congolaises des solutions d’habitat modernes, sécurisées et financièrement accessibles.

Au cours de la cérémonie, le Directeur général de Modern Construction, André Bangulu, a dressé un constat alarmant : la configuration actuelle du cadre de vie à Kinshasa ne répond plus aux besoins réels d’une population en forte croissance. Selon lui, cette initiative vise à proposer des habitations répondant aux standards contemporains, tout en demeurant adaptées au pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte où le coût du logement reste largement hors de portée pour de nombreuses familles.
Il a également précisé que le modèle économique du projet inclut non seulement la construction des appartements, mais aussi l’aménagement global du site : voiries, réseaux de base, équipements collectifs, espaces verts et zones de détente. La Cité-Jardin de Kinshasa répondra ainsi à trois enjeux majeurs :
– Social, en facilitant l’accès des familles modestes à un logement durable et digne ;
– Urbain, en contribuant à une urbanisation structurée et planifiée ;
– Environnemental, en préservant des espaces verts indispensables pour un cadre de vie sain dans une capitale densément peuplée.

André Bangulu a conclu en réaffirmant la détermination de Modern Construction à mener ce projet à son terme. Il a toutefois souligné que son aboutissement dépendra fortement de l’accompagnement technique, réglementaire et institutionnel des autorités publiques. L’entreprise dit rester pleinement disponible pour travailler en étroite collaboration avec le ministère de l’Urbanisme et Habitat, afin de garantir la réussite de ce programme qui ambitionne de transformer durablement le paysage résidentiel de Kinshasa.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Une vision portée par l’ASMECO
À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.
Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
