Actualité
Kinshasa : Le Commissaire Mboso Kazadi Junior claque la porte de la police et dénonce une « mafia criminelle »
C’est une démission qui fait grand bruit à Kinshasa. Officier de la Police nationale congolaise et fils du deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, il a décidé de quitter ses fonctions. Dans une vidéo devenue virale, il accuse frontalement la police de complicité avec des bandes criminelles qui sèment terreur et désolation dans la capitale.
Selon lui, la population kinoise vit un véritable « génocide » silencieux : meurtres, braquages, viols et vols à main armée se multiplient sans que les auteurs ne soient durablement neutralisés. Plus choquant encore, des criminels arrêtés par la police sont souvent relâchés peu de temps après, au grand étonnement des citoyens.
Cette sortie jette une lumière crue sur un système que beaucoup dénoncent depuis longtemps : une mafia organisée, où certains éléments censés protéger la population collaboreraient avec les malfrats. « Comment expliquer qu’un bandit connu soit arrêté aujourd’hui et remis en liberté le lendemain ? », s’indignent de nombreux habitants, désabusés face à une justice et une police perçues comme défaillantes, voire complices.
Ce départ fracassant vient ainsi confirmer ce que tout le monde chuchote depuis des années : à Kinshasa, le crime organisé a la peau dure et la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens est au plus bas. Pour beaucoup, il est temps qu’une véritable enquête indépendante soit ouverte afin de briser ce cercle vicieux où l’impunité règne et où la population paie le prix fort.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
« Que les parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
« Que les Parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « Révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
À deux jours de la marche annoncée par l’opposition pour barrer la route à la révision ou changement de la constitution, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), a pris position ce lundi 1er juin 2026. Dans une déclaration ferme, il rappelle la priorité du moment : l’unité nationale.
« Je respecte le droit de chacun à exprimer ses opinions et à manifester pacifiquement. Cependant, dans le contexte actuel d’agression que traverse notre pays, je considère que la priorité nationale devrait être l’unité, la défense de notre souveraineté et le soutien à nos forces engagées pour protéger l’intégrité du territoire », a déclaré Andy Bemba.
Le président de Nouvelle Pensée estime que si les débats politiques sont légitimes, ils ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. « Les débats politiques sont légitimes, mais ils ne devraient pas détourner notre attention de l’enjeu fondamental qui est la préservation de la nation. »
Cette sortie intervient alors que l’opposant Martin Fayulu Madidi a appelé à une journée morte ce mercredi 3 juin 2026. « Nous demandons aux parents d’élèves de garder les enfants à la maison et de n’aller eux-mêmes ni au travail ni au marché, pour prouver à Félix Tshisekedi que le peuple n’est pas d’accord avec son projet », a lancé le leader de l’ECiDé, afin de faire pression contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution.
Face à cet appel, Andy Bemba plaide pour la continuité de la vie sociale : « Laissons le peuple et nos enfants vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ils sont notre avenir, l’avenir de cette nation. ».
La marche du 3 juin s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par la fracture entre partisans et opposants à la modification de la loi fondamentale congolaise. Pour NP, l’heure n’est pas à la division mais au sursaut patriotique.
Blaise ABITA ETAMBE
