Actualité
Kinshasa : Le Commissaire Mboso Kazadi Junior claque la porte de la police et dénonce une « mafia criminelle »
C’est une démission qui fait grand bruit à Kinshasa. Officier de la Police nationale congolaise et fils du deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, il a décidé de quitter ses fonctions. Dans une vidéo devenue virale, il accuse frontalement la police de complicité avec des bandes criminelles qui sèment terreur et désolation dans la capitale.
Selon lui, la population kinoise vit un véritable « génocide » silencieux : meurtres, braquages, viols et vols à main armée se multiplient sans que les auteurs ne soient durablement neutralisés. Plus choquant encore, des criminels arrêtés par la police sont souvent relâchés peu de temps après, au grand étonnement des citoyens.
Cette sortie jette une lumière crue sur un système que beaucoup dénoncent depuis longtemps : une mafia organisée, où certains éléments censés protéger la population collaboreraient avec les malfrats. « Comment expliquer qu’un bandit connu soit arrêté aujourd’hui et remis en liberté le lendemain ? », s’indignent de nombreux habitants, désabusés face à une justice et une police perçues comme défaillantes, voire complices.
Ce départ fracassant vient ainsi confirmer ce que tout le monde chuchote depuis des années : à Kinshasa, le crime organisé a la peau dure et la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens est au plus bas. Pour beaucoup, il est temps qu’une véritable enquête indépendante soit ouverte afin de briser ce cercle vicieux où l’impunité règne et où la population paie le prix fort.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
