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Kinshasa : le camp Lufungula, nouveau haut lieu des tracasseries routières
La police spéciale de roulage continuent a tracasser les chauffeurs et taximen qui empruntent les axes routiers Kasa-Vubu, Kabambare, Huileries, etc. Les automobilistes qui empruntent ces routes sont contraints à des gymnastiques extraordinaires pour conduire dans ces tronçons.
Les roulages à pieds, sur motos et à bord des jeeps font la chasse aux automobilistes.
Ils arrêtent les conducteurs sans motif valable dans les parkings, les stations et lieux de stationnement.
Les véhicules arrêtés sont ensuite acheminés au camp Lufungula. Ils ne sortiront que moyennant le déboursement de 50$ après plusieurs négociations.
Le jeune Christian âgé de 24 ans chauffeur taximan du véhicule Toyota IST vient d’en faire les frais. Alors qu’il dépose un client au niveau du croisement Huilerie – Assossa et Boulevard Triomphal, il fut arrêté par 3 agents de circulation routière.
Deux policiers lui ont ravi de force la clé de contact tandis-que le troisième, lui, prend place derrière le véhicule lui asséna au passage des coups sur la tête pour le pousser à lâcher la clé.
Ces derniers lui demandent de payer 20$ pour que la clé lui soit rendu. Il leur remit 17.500 Fc, ils prirent l’argent mais refusèrent de rendre le véhicule.
Puis ils le conduisirent de force à la fourrière de Camp Lufungula.
Sur place, l’OPJ exige 100$ pour rendre le véhicule alors que le versement journalier est de 35$.
Les autorités de la PNC doivent prendre des mesures appropriés pour assainir ce service dont la majorité des congolais garde une image négative.
Rappelons que la fois dernière, le commandant de la police/ Ville de Kinshasa, le Commissaire Sylvano Kasongo a demis 5 agents de la police routière de leurs fonctions.
TMB/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
