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Kinshasa : Gentiny Ngobila dresse un bilan positif de son parcours à mi-mandat
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, a tenu ce vendredi 8 octobre 2021 un meeting populaire à la place Sainte Thérèse à N’Djili. Occasion pour lui de revenir sur les questions thématiques qui préoccupent les Kinois. Il s’agit notamment de la construction/ réhabilitation des routes, des actions du président de la République, le Grand marché Zando, etc.
Abordant les questions relatives à la construction et réhabilitation des routes de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila a commencé par relever qu’il a trouvé la ville très endettée et dans un état de délabrement avancé, sans oublier la pandémie de la Covid-19.
Malgré cela et grace aux efforts tant de la ville que du gouvernement central, il a réussi quand même à lancer certains projets de réhabilitation des routes. Dans le lot de ses réalisations, il a cité notamment, la route Elengesa qui devra relier plusieurs communes dont Kasavubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu, Makala et Selembao, la route Roi Beaudouin, etc.
Ensuite, le gouverneur est revenu sur la construction du terrain Sainte Thérèse, demandant à ceux qui ont construit tout autour de prendre des dispositions nécessaires pour libérer cet espace envahi.
Je suis de l’Union Sacrée, je soutiens la vision de Fatshi
Dans un volet purement politique, le gouverneur Gentiny Ngobila est revenu sur son choix de soutenir la vision du président Félix Tshisekedi qui est un vrai Kinois. Il a indiqué que grâce à son implication la ville de Kinshasa est bénéficiaire de plusieurs mobilisations des ressources pour réaliser des nombreux projets.
Il implore ainsi les Kinois de ne pas tomber dans la manipulation des politiciens en quête de positionnement et qui tentent par tous les moyens de ternir l’image du gouverneur et du président de la République.
Zando sera réouvert en 2023
Concernant le marché central de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila a annoncé qu’il sera opérationnel à partir de 2023 et comptera au moins 500.000 places. Le gouverneur de la ville a terminé son speech, en remerciant les habitants de la ville de Kinshasa, particulièrement ceux du district de la Tshangu et les différentes autorités qui ont répondu positivement à son invitation.
David Mukendi/ CongoProfond.net
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
