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Kinshasa : espace dédié à la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, « Ishango Startups Center » inauguré à Gombe
Le ministre d’Etat en charge de l’Entrepreneuriat, Petites et Moyennes Entreprises (PME), Eustache Muhanzi, a inauguré, le jeudi 14 octobre dernier, l’espace dedié à la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes Congolais dénommé « Ishango Startups Center ».
Il s’agit d’un incubateur qui a vocation de créer des millionnaires Congolais, conformément à la vision du chef de l’État. Il comporte notamment un Fablab de prototypage, des bureaux high-tech et tout ce qu’il faut pour accompagner les jeunes entrepreneurs dans la réalisation de leurs projets d’entreprises.

Dans son mot, au cours de cette cérémonie, le ministre de l’Entrepreneuriat et PME a salué ce projet et promis son implication permanente à ses activités pour le développement effectif de l’entrepreneuriat en RDC.
« Le gouvernement s’applique à soutenir les incubateurs et startups qui constituent un axe important du développement de la jeunesse. Le projet Ishango startups center est pour le gouvernement congolais un projet qui marque l’élan aux entrepreneurs. Il permet de réfléchir et d’avoir un cadre de réflexion avec des bureaux décents équipés permettant de bien travailler », a dit Eustache Muhanzi.

Cordonnateur de « Ishango Startups Center », Félix Mangwangu a affirmé que ce projet vise à former et à accompagner les jeunes entrepreneurs jusqu’à la réalisation de leurs projets innovants qui apportent une véritable valeur ajoutée.
« Il s’agit ici de créer un écosystème complémentaire. Donc, nous allons prendre des jeunes qui sont passés par Kinshasa Digital week, par Kin startup Academy et on va sélectionner les meilleurs pour pouvoir finaliser leur formation ici. On prendra des jeunes qui sont passés par des concours internationaux ou nationaux », a-t-il indiqué.

Cette cérémonie a connu la participation de plusieurs autres personnalités dont le ministre de la jeunesse et initiation à la nouvelle citoyenneté Yves Bunkulu, la conseillère spéciale du chef de l’Etat en charge de la jeunesse, Chantal Yelu Mulop et le directeur général de l’Office de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises Congolaises (OPEC), Ezéchiel Biduaya.
Ces personnalité ont, pendant la cérémonie, remis des brevets de mérite à quelques jeunes de Kinshasa qui ont été formés dans le cadre de ce projet et qui ont lancé leurs entreprises.
Notons que l’espace Ishango startups STARTUPS center est un écosystème de 200 mètres carrés situé à l’immeuble Royal, sur le boulevard du 30 juin dans la commune de la Gombe comportant des infrastructures équipées , à moindre coup qui accueillera désormais les jeunes entrepreneurs congolais et constituera un espace de travail propice qui les aidera à mieux se former et à bien travailler.
Concernant l’origine du nom Ishango, Ezéchiel Biduaya a raconté que les os Ishango sont les plus anciens os découverts en République démocratique du congo datant de 20 000 ans. Ils sont des artefacts archéologiques. Le bâton d’Ishango est le berceau de l’humanité des opérations mathématiques. Il est un symbole de l’innovation qui caractérisait nos ancêtres. Differentes figures emblématiques tels que le roi Nzinga Kuvu… ont été présentées au cours d’un spectacle afin de rappeler aux Africains, en général, et aux Congolais, en particulier, que les Africains sont des innovateurs oubliés.
Quelques autorités de la RDC ayant pris part à cette cérémonie inaugurale de l’espace Ishango Startups Center ont également décerné des certificats aux 7 entrepreneurs déjà pris en charge par ce projet.
Arline Mukaji/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
