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Kinshasa : Denise Nyakeru Tshisekedi inaugure le Centre « Elikya ya Mwasi » à Bandal
La première dame de la République Démocratique du Congo a inauguré, ce lundi 30 janvier 2023, le Centre d’encadrement « Elykia ya Mwasi » de madame Benoîte Muzitu Muyaya. Ce centre a pour vocation de redonner espoir aux jeunes filles et femmes marginalisées en les dotant de capacités pour faire face au défi de la société.
Dans son mot, Denise Nyakeru Tshisekedi a encouragé l’initiatrice de ce projet en faveur de femmes. Elle a promis son apport pour faire avancer ce centre.
» J’aime de telles initiatives qui encouragent les femmes. Soyez sûr que vous aurez toujours mon soutien car cela répond à ma vision », a-t-elle indiqué aux femmes venues de plusieurs quartiers de Bandalungwa pour soutenir leur présidente Benoîte Muzitu Muyaya.
Pour sa part, l’initiatrice de « Elykia ya Mwasi » a remercié chaleureusement la première dame pour son soutien.
» Je tiens d’abord à remercier la distinguée première dame qui a parrainé ce projet pour son soutien et surtout pour sa présence parmi nous malgré ses multiples occupations. Merci maman », a-t-elle indiqué avec émotion.
Elle a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance pour ce projet qui était un rêve, s’est aujourd’hui matérialisé.
Elle n’a pas manqué d’exprimer Reconnaissance envers Antoinette Kipulu, ministre de la formation professionnelle pour son implication.
» Je suis heureuse que l’ONG Hope for Handicap dont j’ai la charge a rendu possible un de ses projets majeurs, l’inauguration de ce centre de formation », a déclaré pour sa part la ministre.
A travers ce centre, Benoîte Muzitu Muyaya a expliqué que le souci est d’apporter sa contribution pour lutter contre la situation de précarité dans laquelle vit la jeune fille et femme.
Ce centre constitue donc une lueur d’espoir pour celles qui bénéficieront de différentes formations.
C’est donc un moyen de les doter des atouts pour les aider à relever les défis dans leur vie.
L’inauguration de ce centre de formation est un projet pilote de l’ONG Hope for Handicap. Le souci est d’installer plusieurs autres centres dans d’autres communes et pourquoi pas dans les autres provinces du pays. Mais jusque-là les communes concernées sont celle de Bandalungwa, Bumbu, Selembao, Kalamu, Kasavubu, Makala, Ngiri-Ngiri.
Ce centre a pour ambition de doter 500 jeunes filles mères de la ville de Kinshasa qui bénéficieront de la formation professionnelle ; 100 femmes auront se kits pour le lancement des activités génératrices de revenus. Aussi, 5000 ménages seront de bénéficiaires indirects.
Parmi les formations programmées, nous avons la coupe et couture, l’informatique et l’alphabétisation.
Soulignons que les places sont limitées. Premier partenaire de cette ONG, le ministre Patrick Muyaya a pris en charge l’inscription de 500 femmes dont l’âge varie entre 18 et 50 ans.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
