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Kinshasa : Clôture de l’atelier sur la mise en œuvre de la recommandation de 2023 pour une éducation de paix et de cohésion nationale
Ce jeudi 27 novembre a marqué la clôture de l’atelier de lancement de la consultation sur la mise en œuvre de la recommandation de 2023 relative à l’éducation pour la paix, aux droits de l’homme et au développement durable. Cet atelier, qui s’est tenu durant trois jours à l’Hôtel Pullman de Kinshasa, a été conduit par l’UNESCO en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté.
Le premier jour a été consacré au diagnostic et à l’élaboration d’un plan d’action stratégique. L’ouverture officielle a souligné l’importance de cette recommandation pour le système éducatif congolais ainsi que le rôle central du gouvernement dans son application effective.
La deuxième journée, portée sur les travaux de groupes thématiques, a permis de transformer la recommandation en un plan d’action concret et stratégique. Les participants ont synthétisé les conclusions de trois groupes thématiques, définissant les actions prioritaires, les responsabilités, les partenariats et les échéances prévues pour le court terme (2025-2026).
Un focus thématique a également été consacré à l’Histoire générale de l’Afrique, dont l’importance a été mise en avant comme outil de cohésion nationale et de prévention des conflits. Un plaidoyer a été formulé pour intégrer cette histoire afin de lutter contre l’exclusion et le néocolonialisme, en cohérence avec la recommandation de 2023. Des propositions ont aussi été faites pour adapter les contenus et volumes de l’Histoire générale de l’Afrique dans les programmes scolaires. Plusieurs stratégies ont été retenues, notamment la revisitation de l’Histoire générale de l’Afrique et de l’Histoire générale du Congo afin de renforcer la cohésion nationale.
La troisième et dernière journée a été axée sur des orientations thématiques spécifiques, dont : la compréhension des passés violents, l’intégration de la culture et des arts dans l’éducation, la lutte contre les discours de haine, ainsi que l’éducation aux médias et à l’information.
En définitive, ce forum a permis de traduire les orientations internationales de la recommandation de 2023 en actions nationales concrètes. Le principal défi identifié réside dans la mise en application effective de ces recommandations, notamment la nécessité de surmonter la lenteur administrative et le manque de ressources humaines qualifiées pour assurer l’exécution des propositions attendues pour 2025-2026.
Glodi Bukasa Mawila
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
