Analyses et points de vue
Kinshasa : Arrestation de Ne Muanda Nsemi et les mesures prises pour la lutte contre la Covid-19, Sylvano Kasongo éclaire la population
Ce 26 avril 2020, le N°1 de la police de KINSHASA et commissaire divisionnaire, le général Sylvano KASONGO KITENGE, a répondu aux questions autour de l’arrestation de Né MUANDA NSEMI, les mesures prises pour la lutte contre le CORONAVIRUS et il n’a pas exclu d’interpeller tous les actes de désobéissance civique.
Journaliste : Bonjour, Monsieur Sylvano KASONGO, c’est un plaisir pour nous d’avoir l’opportunité de vous recevoir dans cette page d’information de l’actualité congolaise.
Général S. K. K : C’est un devoir pour nous, force de l’ordre, de savoir communiquer de temps en temps directement avec les médias afin d’apporter les explications légales qui justifient les mesures d’actualité que nous prenons pour la sécurité de nos concitoyens.
Journaliste : En parlant d’actualité, Il y a l’arrestation récente de NE MUANDA NSEMI ! Pensez-vous vraiment que tout le dispositif de répression qui a été mis en place par la police nationale pour l’arrestation d’un seul homme, qui plus est non armé, était nécessaire?
Général S. K. K : Vous savez Monsieur le journaliste, nos citoyens doivent comprendre que le rôle de la police nationale est d’abord de faire respecter l’ordre public et de les protéger. Et le dispositif qui a été mis en œuvre était proportionnel non seulement au danger mais également à la capacité de nuisance du mouvement politico-religieux de monsieur NE MUANDA NSEMI qui a l’habitude de se défendre à l’aide de plusieurs armes artisanales et parfois même de s’en prendre à la population. Il nous fallait donc user de moyens dissuasifs pour rassurer les citoyens vivant aux alentours de sa résidence tout en menant l’assaut.
Journaliste : Mais contrairement aux annonces de la police, il nous a été fait l’état des lieux de plusieurs morts et blessés dans le camp de NE MUANDA NSEMI. Quelle est votre réaction ?
Général S. K. K : (Soupir…) Des morts non, mais quelques blessés légers oui ! Car, vous n’êtes pas censés ignorer qu’une intervention de ce type est toujours très délicate et peut parfois conduire à des résistances et des débordements que fort heureusement nos éléments ont pu maitriser.
Journaliste : l’opinion nationale et même internationale pensent que le gouvernement veut faire apparaitre NE MUANDA NSEMI comme un fou aux yeux du monde afin de rendre son message ainsi que ses accusations moins pertinents, Si non vous ne l’auriez pas arrêté ! Pour beaucoup, celui-ci ne fait que revendiquer tout haut les droits que nombreux congolais clament tout bas. Qu’en pensez-vous ?
Général S. K. K: Sourire ! Monsieur le journaliste, la police nationale n’a rien à avoir avec le gouvernement qui décide. Elle n’est motivée que par le maintien de l’ordre. Tout ce que je peux vous dire c’est que Monsieur NE MUANDA SEMI, en plus de ses nombreuses déclarations incendiaires maintes fois interpellées, a désobéi à l’interdiction de rassemblement établie par l’autorité publique en ces temps de COVID 19. Nous n’appliquons que la loi.
Journaliste : En parlant de loi et d’ordre public, dans les médias nationaux et internationaux, plusieurs voix de la Diaspora expriment leur consternation face à la continuation de l’impunité de certaines autorités malgré le retour à l’Etat de droit promis par le président de la république. Notamment la plateforme « PEUPLE MOKONZI » qui pointe du doigt la partialité de la police nationale qui serait toujours instrumentalisée par les politiques et en l’occurrence le FCC qui règlerait ses comptes avec certains opposants radicaux en usant de l’organe judiciaire. Quelle est votre réaction ?
Général S. K. K: (Sourire…) Monsieur le journaliste, sachez que nous avons échos non seulement de toutes ces opinions mais également de toutes les plateformes de mauvaises propagandes ainsi que des individus qui les animent. La liberté d’expression qu’offrent les médias ne doit pas laisser la place au mensonge et aux propos diffamatoires impunis. Sachez que je scrute personnellement l’actualité. Vous n’avez parlé que de PEUPLE MOKONZI mais moi je peux vous citer bien d’autres plateformes telles que TELE TSHANGU, BOKOTO TV, JACCUSE-RDC, STAR NET TV, MAYIZO TV… pour ne citer que celles-là.
Sans vouloir proférer de menaces, sachez que l’Etat de droit dont parlent ces médias, exige également qu’ils soient tous appelés à répondre de leurs actes et propos devant la justice.
Journaliste: Que doivent en conclure nos lecteurs ?
Général S. K. K : (Sourire…) Le message est clair: la justice fera son travail et la police aussi.
Journaliste : Merci, Monsieur Sylvano KASONGO d’avoir accepté notre interview ?
Général S. K. K: C’est moi qui vous remercie.
Propos recueillis par F.O./TIMES.CD
Actualité
Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )
Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.
Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.
Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.
La perfusion : le grand retour de l’État-providence
Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.
L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.
L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.
Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen
C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.
Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.
Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.
Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.
Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité
Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.
Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.
Aldo Kamwanga/Expert et Consultant
