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Kinshasa à la merci des vendeurs ambulants des stimulants sexuels !

« Boma maman », « Buka mbetu », « Tongo ti pokwa »,  » Lapin »,  » Mutu rouge », « Ankoro », « Kimbiolongo », etc. Ces stimulants sexuels ne sont plus sujets tabous à Kinshasa. Ses ventes publiques et libres dans tous les coins de la capitale ouvrent cependant la voie aux dérapages. Il y a aujourd’hui nécessité de réguler ce secteur afin de protéger non seulement la santé publique, mais également les moeurs.

De nos jours, la densité des vendeurs ambulants de ces produits « lubrifiants » s’est multipliée au point de porter atteinte aux mœurs et civilités congolaises. Avec l’avènement des réseaux sociaux, ses fournisseurs sont devenus de « petites stars » se rivalisant publiquement dans des éloges de ces plantes et poudres miraculeuses sensées décupler les performances sexuelles.

Conséquences : ces produits sont à la portée de tous ceux qui tombent sous le charme des discours presque pornographiques de ces vendeurs ambulants. Sans exception d’âge, les consommateurs font fi des conditions sanitaires de leur fabrication.

Quant aux charlatans, ils encouragent les plus jeunes, leur cible préférée, à la débauche sexuelle, les exposant ainsi aux grossesses non désirées et aux maladies sexuellement transmissibles.

Généralement vendus à des prix dérisoires, au vu et au su de tous, ces stimulants ne répondent à aucune consultation médicale. Leur posologie ne dépend que des fournisseurs qui, généralement, encouragent la prise de leurs produits avec de l’alcool, parfois avec des boissons sucrées.

Ils se retrouvent partout dans la capitale congolaise: dans les bars, les universités, les arrêts de bus, sur les chaussées de grandes artères, dans les marchés, terrains de foot et lieux des sports, etc. Ces vendeurs se surpassent dans l’art de persuasion et abusent du laxisme des autorités congolaises.

Interrogé à ce sujet, le docteur Mavinga Patcher, médecin résident au Centre International de Diagnostic (CDI), nous renseigne que ces « viagras » africains ont des conséquences néfastes dans l’organisme, que ce soit à court ou à long terme. « Agressivité, dépression, perte de la libido, mort subite, réduction du temps de vie, tous ces signaux font partie de l’utilisation de ces produits qui représentent une menace accrue surtout pour les jeunes. Ces aphrodisiaques rendent dépendant pour la pratique reproductive. Tout ceci exposé aux plus jeunes, représente un danger pour la santé morale ou mentale des jeunes », a fait savoir Patcher Mavinga.

Pour Jordan, étudiant à l’Université Pédagogique Nationale( UPN), c’est « une honte de voir les autorités descendre aussi bas pour permettre ces dépravations » .  » Comment peut-on marcher en famille et entendre leurs discours dans des lieux publics ? C’est gênant », a-t-il déploré, avant d’inviter les pouvoirs publics à mettre de l’ordre dans ce secteur.

Jean-Eude’s Miense/CONGOPROFOND.NET