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Kinshasa : 16.238 détenus à Makala pour 1.500 places, Guillaume Ngefa annonce des mesures urgentes

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a annoncé, ce jeudi 15 octobre, des mesures urgentes pour désengorger la prison centrale de Makala et améliorer les conditions de détention. Au terme d’une visite effectuée avec le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, il a notamment préconisé l’accélération de l’examen des dossiers susceptibles de déboucher sur des libérations, dans le respect de la loi.

16.238 détenus pour 1.500 places

Selon le directeur de la prison, André Kanza wa Kanza, l’établissement accueille 16.238 détenus pour une capacité initiale de 1.500 places, dont 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi. Plus de 11.000 personnes sont en détention préventive.

Accompagnés des autorités judiciaires civiles et militaires, les 2 responsables ont visité plusieurs pavillons, notamment ceux des femmes, des enfants et des détenus malades. Ils ont constaté la promiscuité, la dégradation des infrastructures et les difficultés d’accès aux soins.

Guillaume Ngefa a relevé que le nombre de détenus était passé d’environ 8.000 à plus de 16.000 en une année, sans augmentation correspondante du budget de fonctionnement.

« La surpopulation est exponentielle. Nous prendrons des mesures dès demain », a déclaré le ministre d’État, soulignant que cette visite visait également à écouter les détenus et à mieux cerner les difficultés rencontrées par les responsables pénitentiaires.

Des libérations pour désengorger la prison

Au cours des échanges, certains détenus ont affirmé être incarcérés pour des infractions mineures, tandis que d’autres ont sollicité des mesures de clémence pour des raisons humanitaires.

« Nous sommes fatigués, nous souffrons. Il n’y a pas où dormir. Accordez-nous des mesures de grâce », ont lancé certains prisonniers au passage de la délégation.

Face à ces appels, Guillaume Ngefa a insisté sur la nécessité d’accélérer l’examen des dossiers pouvant donner lieu à des mises en liberté, notamment conditionnelles, sous réserve du respect des conditions légales.

De son côté, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a procédé à quelques libérations symboliques parmi les 108 détenus identifiés en vue d’une remise en liberté, après examen de leurs situations individuelles. Il a exhorté les bénéficiaires à éviter tout comportement susceptible de les ramener en prison.

Ces démarches font suite aux 66 libérations conditionnelles accordées la semaine précédente par le ministre d’État à des détenus remplissant les conditions légales requises.

Femmes et enfants : des conditions de détention préoccupantes

Dans le pavillon des femmes, certaines détenues ont indiqué partager un même lit à 8. Le ministre a également rencontré des mères incarcérées avec leurs enfants en bas âge, dont la situation nécessite une attention particulière.

« L’intérêt supérieur de l’enfant doit être privilégié, conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant », a-t-il rappelé, plaidant pour un encadrement adapté et un accès à l’éducation.

La délégation s’est par ailleurs préoccupée du sort des personnes souffrant de troubles mentaux et des difficultés liées à leur prise en charge médicale au sein de l’établissement.

Des mesures attendues avant la fin de 2026

À l’issue de la visite, Guillaume Ngefa a annoncé des recommandations portant sur la réduction du nombre de détenus, l’amélioration des soins et la protection des personnes vulnérables.

Pour le ministre d’État, la prison doit demeurer un lieu d’amendement et de préparation à la réinsertion sociale, dans le respect de la dignité humaine.

« Nous voulons que nos compatriotes privés de liberté vivent dans des conditions acceptables et puissent, à leur sortie, réintégrer la société », a-t-il souligné.

Reconnaissant la gravité de la situation, Firmin Mvonde a déclaré : « La souffrance y est, nous compatissons, mais nous devons aussi faire notre travail ».

Guillaume Ngefa s’est engagé à revenir à Makala avant la fin de l’année 2026 afin d’évaluer les progrès réalisés et de s’assurer de la mise en œuvre des mesures annoncées.

Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

 

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