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Kimpese : une dizaine de « Kuluna » arrêtés et acheminés à la prison centrale de Matadi
C’est depuis le début du mois de février de l’année en cours qu’a débuté une vaste opération de traque des jeunes délinquants à Kimpese.
Une opération menée par des policiers qui viennent tantôt de Lufu, tantôt de Matadi, confie notre source.
La première vague d’arrestation a produit ses fruits : plus d’une dizaine de jeunes semeurs de troubles ont été arrêtés et acheminés à la prison centrale de Matadi.
Une façon pour l’autorité de maintenir l’ordre et mettre un terme à la délinquance juvénile qui a élu domicile dans les centres villes et milieux extra-coutumiers de la province du Kongo Central.
Pour certains, la plupart des jeunes arrêtés lors de ces deux vagues ne sont pas tous des Kuluna. Des innocents figurent sur la liste des arrêtés. « Difficile de confirmer cette hypothèse », se félicite un habitant de la cité cimentiere de Kimpese ajoutant que ceux qui sont arrêtés présentent des indices serieux de culpabilité.
Une chose est vraie, les policiers qui traquent les hors la loi de Kimpese ne vivent pas viennent d’ailleurs et non pas d’état d’âme.
« Arrêtés et acheminés à Matadi pour répondre de leurs actes sans être pris en flagrant délit, les jeunes soi-disant « malfrats » une fois qu’ils recouvrent la liberté, ils peuvent devenir plus dangereux », s’est inquiété un quinquagénaire.
Justin DIASILUA/CONGOPROFOND.NET
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» Brut » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants
Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.
La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
