Médias
Kibali Gold ouvre ses portes aux journalistes : transparence minière et plaidoyer pour une presse libre
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, Kibali Gold Mine a levé le voile sur ses installations en accueillant un groupe de journalistes venus des territoires d’Aru (Ituri), Faradje et Watsa, dans la province du Haut-Uélé. Une visite guidée inédite, pensée comme un pont entre le monde des médias et celui de l’industrie extractive.
Cette initiative, unanimement saluée par les participants, visait à renforcer la compréhension mutuelle entre les acteurs de la presse et ceux du secteur minier, tout en favorisant la transparence, la pédagogie et l’ouverture sur les réalités économiques d’un territoire souvent relégué en marge de la scène nationale.
Les professionnels des médias ont ainsi eu le privilège de découvrir de près les entrailles de l’une des plus grandes mines d’or d’Afrique, implantée dans l’agglomération minière de Durba. Au menu : immersion dans les installations souterraines, exploration des chaînes de production et échanges ouverts avec les équipes techniques et la direction générale.
Moment fort de la journée : la présentation des ambitions de Kibali en matière de transition énergétique. L’entreprise s’est fixée un objectif audacieux — atteindre 93 % d’énergie renouvelable d’ici la fin de l’année 2025. Un pari rendu possible grâce à l’exploitation de ses barrages hydroélectriques, à ses systèmes hybrides et à l’adoption progressive d’innovations en efficacité énergétique.
Mais au-delà des prouesses industrielles, cette rencontre a également été un temps de réflexion sur la liberté de la presse en République démocratique du Congo, classée 123e sur 180 pays dans le dernier classement de Reporters sans frontières (2024). Une réalité préoccupante, sur laquelle les échanges ont permis de jeter une lumière nouvelle.
Les journalistes ont salué la démarche de Kibali Gold Mine, en appelant d’autres entreprises opérant dans les zones reculées à suivre cet exemple : ouvrir le dialogue, favoriser la circulation d’une information libre et offrir un accès effectif aux sources fiables, conditions indispensables au renforcement de la démocratie locale.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
À la Une
« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
