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Kenya : Le président William Ruto nomme une Consule générale à Goma, au mépris du drame congolais
En pleine tragédie sécuritaire au Nord-Kivu, le président kényan William Ruto annonce la nomination de Judy Kiaria Nkubiri comme Consule générale à Goma. Une décision perçue par une partie de l’opinion congolaise comme une provocation diplomatique, voire un signe d’alignement tacite avec ceux qui saignent l’Est de la RDC.
Le 15 août 2025, Nairobi a lâché sa bombe diplomatique : par un communiqué officiel signé de son porte-parole Hussein Mohamed, le président William Ruto a désigné Judy Kiaria Nkubiri comme Consule générale du Kenya à Goma. Une nomination soumise à l’approbation du Parlement kényan, mais déjà sur toutes les lèvres en République démocratique du Congo.

Car à Goma, capitale d’un Nord-Kivu mutilé, encerclé par les rebelles du M23 et sous perfusion humanitaire, l’annonce passe très mal. « Ce n’est pas le moment », lâchent, amers, plusieurs observateurs locaux. L’installation annoncée d’une nouvelle représentante kényane, au moment où des factions armées, soutenues selon Kinshasa par le Rwanda, tiennent une partie de la province, sonne pour beaucoup comme un affront à la douleur congolaise.
Le choix de ce poste n’a jamais été anodin. En 2024, Charles Githinji Keiru, pressenti par Ruto pour la même fonction, avait été sèchement recalé par le comité parlementaire kényan des Affaires étrangères, après un entretien humiliant où ses lacunes géopolitiques avaient éclaté au grand jour. Depuis, le fauteuil de consul général à Goma restait vide… ou presque, du moins officiellement.
Aujourd’hui, Judy Kiaria Nkubiri est la nouvelle pièce avancée par Nairobi sur l’échiquier délicat des Grands Lacs. Officiellement, elle n’est encore qu’une candidate en attente de validation. Officieusement, sa désignation envoie un signal politique : le Kenya ne lâche pas sa présence diplomatique au cœur d’une région stratégique, même au milieu des décombres et des larmes.
Dans les rues de Goma comme dans les cercles militants congolais, la suspicion est tenace : à quoi joue vraiment le Kenya dans cette partie trouble ? Les Congolais, eux, savent que dans les affaires régionales, chaque nomination est un message. Et celui-ci, à l’évidence, n’est pas perçu comme un geste d’amitié.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Aéroport de Bangoka sous attaque : L’AFC/M23 revendique l’opération
L’aéroport international de Bangoka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, a de nouveau été la cible d’une attaque attribuée à la rébellion de l’AFC/M23, ravivant les inquiétudes autour de l’extension du conflit armé vers des zones éloignées des lignes de front traditionnelles. Selon plusieurs sources concordantes, des drones kamikazes auraient été utilisés pour viser cette infrastructure stratégique à usage civil et militaire.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, l’AFC/M23 a revendiqué l’opération, affirmant avoir ciblé un centre de commandement de drones des FARDC installé à l’aéroport de Bangoka. Le mouvement rebelle soutient vouloir empêcher l’utilisation de cette plateforme pour des frappes contre les zones sous son contrôle.
Les autorités congolaises, de leur côté, dénoncent une nouvelle escalade sécuritaire mettant en danger les populations civiles et les activités aériennes dans la région. Déjà au début du mois de février puis en mars 2026, plusieurs attaques similaires avaient été signalées contre le même aéroport, sans provoquer officiellement de dégâts majeurs ni de pertes humaines. Les FARDC avaient alors annoncé avoir intercepté plusieurs drones avant qu’ils n’atteignent leurs cibles.
Situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Kisangani, l’aéroport international de Bangoka constitue une infrastructure stratégique majeure de la RDC. Il sert aussi bien aux vols civils qu’aux opérations militaires et logistiques.
Cette attaque intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que les affrontements persistent dans l’Est de la RDC malgré plusieurs initiatives diplomatiques et des discussions de cessez-le-feu engagées sous médiation internationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
