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Provinces

Kasaï : Tentative de profanation de la paroisse Saint Laurent à Tshikapa

La paroisse Saint Laurent de Tshikapa a échappé de justesse à un acte de profanation dans la nuit de samedi à dimanche. Vers 3h du matin, un groupe de jeunes non identifiés s’est présenté devant la clôture de l’église, muni de bâtons et de bidons d’essence.

Selon des sources paroissiales, les assaillants ont brûlé des pneus devant le portail tout en scandant des slogans hostiles à l’Église catholique. Sur un écriteau arraché au mur, on pouvait lire : « L’église catholique doit être fermée dans la province du Kasaï pour trahison. Trop c’est trop ».

L’alerte a permis une réaction rapide des fidèles présents sur place

« Des personnes non autrement identifiées ont attaqué notre paroisse. Munis de bidons d’essence, ils ont brûlé des pneus devant notre portail. Dieu merci, il y a eu une résistance venue de notre côté par des personnes présentes à cette heure-là » a rapporté Maître Fortunat Masangu Mukinayi, secrétaire du Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) de la paroisse Saint Laurent.

Le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC), est la structure qui regroupe l’ensemble des fidèles laïcs catholiques en République Démocratique du Congo. Il porte la voix des chrétiens engagés dans la vie de l’Église.

Les dégâts matériels sont limités : seule la partie centrale du portail a été touchée par les flammes. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Lors de la messe dominicale, l’information a été portée à la connaissance des fidèles avec regret.

Le curé de la paroisse, l’abbé Valentin Kalala, a fermement condamné cet acte « posé par des personnes sans raison valable ».
Il a rappelé la position apolitique de l’Église : « Nous sommes apolitiques. Même sur les ondes, personne ne nous a jamais entendu nous prononcer sur la réforme constitutionnelle. Notre rôle de pasteur, c’est de parler de Dieu aux fidèles, de donner le message que Dieu nous confie afin que les âmes soient gagnées » a-t-il rappelé

Selon les assaillants, leur action visait à protester contre la position prise par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) , qui regroupe tous les évêques catholiques de RDC. La CENCO s’est récemment prononcée contre toute révision ou changement de la Constitution dans le contexte sécuritaire actuel. Ces jeunes estimaient que cette position devait être endossée par tous les fidèles catholiques et qu’il fallait « profaner les paroisses » pour se faire entendre.

L’incident n’a rien impacté sur le déroulement régulier des messes, comme à l’accoutumée, toutes les trois messes ont été dites. La première par Abbé Antoine Kalala (tshiluba), la deuxième française par Abbé Jean-Claude Kasongo et la troisième par Abbé Valentin Kalala.

L’incident intervient dans un climat de tensions autour de la question constitutionnelle.

Faustin Nkumbi