Politique
Kasaï / Réforme constitutionnelle : le Conseil provincial de la jeunesse lance le débat à Tshikapa
Le débat sur la réforme constitutionnelle a officiellement débuté au Kasaï. Le Conseil provincial de la jeunesse a organisé, ce mardi, une conférence-débat dans la salle des plénières de l’Assemblée provinciale, située dans l’enceinte de la 27ᵉ Communauté mennonite au Congo, à Tshikapa.
Placée sous le haut patronage de son président, Marcel Munyi Milongo, cette première rencontre du genre dans la province a réuni des jeunes venus des différentes communes de la ville. L’objectif était de créer un cadre libre d’échanges et de propositions en faveur d’une gouvernance participative et inclusive.
Trois intervenants ont animé les discussions : le doctorant Joseph Kalombo Kanku, Maître Fabien Pocky et Paul Bernard Nzambi.
Pour Joseph Kalombo Kanku, la jeunesse kasaïenne est désormais mieux édifiée sur les enjeux liés à cette question.
« Nous avons expliqué ce qu’est la Constitution, ainsi que les opportunités qu’offre sa révision. Elle prévoit elle-même les mécanismes de sa révision. Ce n’est pas une première. J’attends de la jeunesse une participation active au débat afin qu’elle puisse faire entendre sa voix. Je pense que la jeunesse du Kasaï est favorable à une révision de la Constitution », a-t-il soutenu.
Maître Fabien Pocky a, pour sa part, appelé au respect des dispositions légales.
« Notre position ne s’oppose pas à la révision. Mais le moment n’est pas opportun. L’article 218 ouvre la possibilité d’une révision, tandis que l’article 219 en verrouille le mécanisme parce que nous sommes en état d’exception, notamment avec l’état de siège », a-t-il déclaré.
Pour l’avocat Pocky, la jeunesse doit jouer un rôle de contrepoids dans la société.
« La jeunesse est abandonnée par les textes qui régissent notre pays. Elle doit devenir une force capable de barrer la route à ceux qui massacrent sa vision », a-t-il soutenu.
De son côté, Paul Bernard Nzambi a estimé que « l’actuelle Constitution ne correspond plus aux réalités sociales » et qu’une adaptation serait nécessaire.
À l’issue des échanges, le président du Conseil provincial de la jeunesse, Marcel Munyi Milongo, s’est dit satisfait de la tenue de cette activité.
« En tant qu’organisation des jeunes, nous avons écouté les jeunes, la société civile, le pouvoir et l’opposition. Nous ferons notre rapport au ministre national de la Jeunesse ainsi qu’au gouverneur de province, qui est notre interlocuteur au Kasaï », a-t-il affirmé.
Cette conférence marque le lancement officiel des activités du Conseil provincial de la jeunesse du Kasaï autour du débat national sur la réforme constitutionnelle.
Faustin Nkumbi