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Kasaï : Plus de 100 écoles oubliées par le projet PAAF, la CONEPT alerte

Le coordonnateur provincial de la Coalition nationale de l’éducation pour tous (CONEPT/Kasaï), Faustin Mputu Kalala, tire la sonnette d’alarme sur la lenteur qui paralyse le Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF) dans la province du Kasaï. Selon lui, de nombreuses écoles impliquées dans la phase pilote attendent encore les fonds promis pour la deuxième tranche.

« À ce jour, plus de 110 écoles réparties dans les quatre sous-divisions ( Kanzala, Kamuesha, Tshikapa 1 et Tshikapa 2) n’ont jamais reçu les fonds de la deuxième tranche. Ces établissements, engagés dans la phase pilote l’an passé, sont aujourd’hui dans une précarité totale et peinent à définir leur politique de gouvernance locale », déplore Faustin Mputu.

Alors que la phase de généralisation du projet devait être lancée cette année, rien ne semble bouger sur le terrain. Une situation qui, selon lui, a des conséquences directes sur les élèves filles, certaines ayant même été renvoyées de leurs écoles faute de moyens.

« Nous avons dû intervenir auprès des chefs d’établissements, qui ont compris la situation. La Proved Virginie Alembe a aussi réagi promptement, mobilisant ses services pour recadrer les responsables scolaires concernés », a expliqué le coordonnateur de la CONEPT/Kasaï.

Face à cette inertie, la société civile plaide pour une évaluation urgente du projet. « Nous demandons au gouverneur de province et au ministre provincial de l’Éducation de convoquer un cadre de concertation afin d’analyser les causes réelles de cette léthargie et d’y apporter des solutions durables », a-t-il proposé.

Un appel soutenu par l’intersyndicale des enseignants du Kasaï. Son président, André Nkongolo Tshibuabua, alerte sur les conséquences déjà visibles : « Dans la province éducationnelle Kasaï 2, certaines filles sont contraintes de payer les frais d’inscription à l’examen d’État malgré les instructions contraires du Proved Jean-Pierre Babisha. Les enseignants sont démotivés, et l’exécution du projet reste opaque, on ignore même quelles sont les quatre ONG chargées du contrôle », a-t-il regretté.

Pour rappel, le projet PAAF est une initiative du gouvernement congolais, financée par la Banque mondiale. Après une phase pilote l’année scolaire passée, sa généralisation devait marquer une nouvelle étape dans la promotion de l’éducation des filles.

Faustin Nkumbi