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Politique

Kasaï : Ouverture de la session ordinaire de mars – Le président de l’Assemblée provinciale salue les consultations du Chef de l’État et propose des solutions aux défis de la province

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Les députés provinciaux de la République Démocratique du Congo ont repris le chemin des plénières pour la session ordinaire de mars 2025. Ceux de la province du Kasaï n’ont pas fait exception. La cérémonie d’ouverture a eu lieu ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, sous la présidence du vice-président de l’organe délibérant, Maître Gédéon Mataba Kambambangu, qui s’est exprimé au nom du président Maître Alain Tshisungu Ntumba, empêché pour des raisons de service à Kinshasa.

Dans son discours d’ouverture, Gédéon Mataba a souligné que cette session intervient à un moment où le pays traverse une période marquée par les consultations initiées par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale capable de répondre aux nombreux défis, notamment la situation sécuritaire à l’Est du pays. Face à cette réalité, il a appelé la population à se mobiliser pour soutenir cette initiative.

Par ailleurs, il a rappelé que cette session est principalement axée sur le contrôle parlementaire.

L’organe délibérant du Kasaï jouera activement son rôle de contrôle à travers différentes commissions afin d’évaluer la gouvernance de la province. J’interpelle la conscience de l’exécutif provincial ainsi que celle des responsables des services publics à assumer avec diligence et objectivité les charges qui leur incombent”, a-t-il déclaré.

Il a également insisté sur la nécessité de clarifier les attributions entre la Direction Générale des Recettes du Kasaï (DGRKAS) et la Brigade Anti-Fraude du Kasaï (BAFKA) afin d’éviter les conflits de compétences et d’améliorer la mobilisation des recettes. Il a aussi exhorté les banques à respecter leurs obligations légales.

Concernant les infrastructures, l’Assemblée provinciale a exprimé son regret face à l’arrêt des travaux de construction de la route Tshikapa-Kandjanji par la société Toha Investissement, sans explication claire des raisons de cette interruption.

Toutefois, elle salue les démarches entreprises par le caucus des élus nationaux pour obtenir du gouvernement central des financements destinés à la relance des projets d’infrastructures dans la province.

Dans le même esprit, l’Assemblée provinciale salue le lobbying de l’exécutif provincial auprès du gouvernement central, qui a permis de mobiliser des fonds pour les travaux de déviation de la RN1 au PK 754 à Bondo, ainsi que pour la réhabilitation des tronçons Kangongolo (commune de Dibumba 2), Ngala Tshiondo et Mukenge wa Biduaya (secteur de Bakua Nyambi), où la route nationale était menacée. Il a encouragé le gouverneur à poursuivre ces efforts, notamment pour la reconstruction des ponts Kaluebo et Lunyeka, ainsi que pour l’installation de bacs sur les rivières Lumbembe et Tshihumbue.

Le président intérimaire de l’Assemblée provinciale a également exprimé le souhait de voir le gouverneur se pencher sur la question du corridor Nord, un axe stratégique destiné à relier les territoires de Dekese, Ilebo et Mweka à la ville de Tshikapa, chef-lieu de la province.

Plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie inaugurale de la session de mars, notamment le gouverneur de province, Maître Crispin Mukendi Bukasa, et les membres du gouvernement provincial.

Faustin Nkumbi / CongoProfond.net

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple

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Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.

Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.

Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.

Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.

Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.

S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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