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Kasaï Oriental : le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa déchu, la province plongée dans une crise politique
Le climat politique s’est brusquement tendu au Kasaï Oriental après la mise en accusation du gouverneur Jean-Paul Mbwebwa par l’Assemblée provinciale, samedi 10 mai, lors d’une séance plénière marquée par de vifs débats. Accusé de détournement présumé de fonds publics, l’ancien chef de l’exécutif provincial voit désormais son avenir s’inscrire dans une perspective judiciaire.
Sur les 24 députés provinciaux présents, 14 ont voté pour sa déchéance, 9 s’y sont opposés, tandis qu’un bulletin a été invalidé. Cette majorité relative a suffi pour acter la fin du mandat de Jean-Paul Mbwebwa, conformément aux dispositions légales en vigueur.
Selon les éléments avancés lors de la plénière, le gouverneur est soupçonné d’avoir détourné une enveloppe de 3 millions de dollars américains. Ces fonds, alloués par le gouvernement central, étaient destinés à financer plusieurs projets d’investissement en faveur du développement de la province.
En application de l’article 160 de la loi électorale, la mise en accusation du gouverneur entraîne automatiquement la démission de l’ensemble de son gouvernement. « En cas de décès, de démission, d’empêchement définitif, de mise en accusation ou de révocation du gouverneur de province, le gouvernement provincial est réputé démissionnaire », précise le texte.
Cette mise en accusation de Jean-Paul Mbwebwa a aussitôt provoqué une vague de protestations à Mbuji-Mayi. Dès l’aube du dimanche 11 mai, des jeunes en colère ont érigé des barricades et brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de la ville, exprimant leur rejet de la décision parlementaire. Aucun incident majeur n’a été signalé, mais les forces de l’ordre restent en alerte.
Malgré sa déchéance, Jean-Paul Mbwebwa a annoncé son intention de présider la cérémonie de salut au drapeau prévue ce lundi matin au gouvernorat, signe qu’il n’entend pas céder sans résistance. Cette posture pourrait raviver les tensions dans une province déjà fragilisée par des défis économiques et sociaux persistants.
La suite du processus revient désormais à la justice, appelée à examiner les accusations portées contre l’ancien gouverneur. Parallèlement, l’Assemblée provinciale devra entamer les démarches pour désigner un intérimaire, en attendant l’organisation d’un nouveau scrutin.
Félix Ilunga, correspondant à Mbuji-Mayi
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Lubumbashi : 5 présumés criminels interpellés, dont 2 femmes
La Police nationale congolaise (PNC) du Haut-Katanga a présenté, lundi 8 juin, 5 présumés criminels, dont 2 femmes, arrêtés par le Groupe de recherche et d’investigation criminelle (GRIC) à Lubumbashi.
Les suspects ont été présentés au commissaire provincial adjoint chargé de la police administrative, le colonel Bale Agwaki John, à l’occasion de la parade hebdomadaire de la police.
Selon le commandant du GRIC, le colonel Simplice Tshikala, ces personnes seraient impliquées dans un réseau de détention et de vente illégale d’armes et de munitions.
« Depuis un moment, nous avons appris qu’il y a des bandes organisées qui se ravitaillent à travers nos camps militaires en armes et en munitions. Nous avons déployé nos sources et nous avons arrêté Etomale Mbat, un voleur à main armée extrêmement dangereux. Sur lui, nous avons trouvé 1 300 munitions, un revolver ainsi que deux chargeurs garnis », a déclaré le colonel Tshikala.
La police affirme également avoir arrêté deux autres suspects qui tentaient de vendre des armes à feu. Après leur interpellation, ces derniers auraient conduit les enquêteurs dans une maison où étaient dissimulées d’importantes quantités de munitions.
Au total, plus de 2 850 munitions de calibre 7,62 mm, plusieurs chargeurs garnis destinés aux fusils AK-47 ainsi qu’un revolver de calibre 9 mm ont été saisis.
Par ailleurs, deux policiers accusés d’avoir extorqué 1 820 dollars américains à des habitants du quartier Bel-Air 2, dans la commune de Kampemba, ont également été présentés à l’autorité policière provinciale.
« Ce sont des personnes capables de déstabiliser la paix et la tranquillité publiques », a insisté le commandant du GRIC, précisant que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’origine de ces effets militaires et les réseaux impliqués.
Le colonel Bale Agwaki John a, de son côté, salué le professionnalisme des éléments du GRIC dans la lutte contre la criminalité et appelé les unités de police à renforcer les opérations de sécurisation de la population et de ses biens.
Les suspects civils ainsi que les 2 policiers ont été transférés devant les juridictions compétentes pour la suite de la procédure.
Patient M.MBY/CONGOPROFOND.NET
