Provinces
Kasaï / Le groupe parlementaire AFDC-A plaide pour la stabilité des institutions provinciales
Le groupe parlementaire de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC-A) à l’Assemblée provinciale du Kasaï a exprimé, ce mercredi 30 juillet 2025, sa volonté de voir les institutions provinciales fonctionner dans la stabilité et l’harmonie.
Dans une déclaration officielle parvenue à Congoprofond.net, les députés du groupe AFDC-A ont tenu à clarifier leur position, suite à un discours controversé tenu récemment par l’un de leurs membres, qui a suscité de vives réactions dans l’opinion publique.
« Le groupe parlementaire AFDC-A réaffirme son soutien politique total et sans réserve aux institutions provinciales, notamment l’Assemblée provinciale et son Bureau, ainsi qu’au Gouvernement provincial. En tant qu’hommes d’État et membres de l’Union sacrée, famille politique de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État, nous saluons les efforts inlassables qu’il déploie pour le développement de notre province du Kasaï », peut-on lire dans le document.
Les élus précisent également leur attachement à la discipline du parti, sous le leadership de leur autorité morale, le Professeur et Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, rappelant que l’intérêt du peuple reste au cœur de leur engagement politique.
« Le groupe parlementaire AFDC-A s’engage à jouer un rôle central dans le bon fonctionnement de nos institutions, en privilégiant l’esprit de dialogue et en recourant aux mécanismes légaux de contrôle reconnus aux députés par le législateur », poursuivent-ils.
Dans cet esprit, ils mettent en garde les membres du Gouvernement provincial, notamment les ministres, contre toute mauvaise gestion, soulignant que le groupe ne fera preuve d’aucune complaisance.
Par ailleurs, les parlementaires de l’AFDC-A se sont désolidarisés publiquement du député provincial Calvin Mingashanga, élu de Mweka, qu’ils accusent de s’être attaqué gratuitement au Gouverneur de province, Maître Crispin Mukendi Bukasa.
« Nous exprimons notre profonde indignation face aux propos récemment tenus par l’un de nos membres, dont les déclarations publiques vont à l’encontre des orientations et de la ligne du parti. Il est important de souligner que ce dernier s’est exprimé à titre personnel, et non au nom de notre groupe parlementaire. Ses propos n’engagent que lui et ne reflètent en aucun cas la position officielle de notre groupe », martèle la déclaration.
Les députés estiment que ce genre de sortie nuit à la cohésion indispensable au bon fonctionnement des institutions provinciales, et rappellent que l’engagement politique doit rester un service au peuple, et non un outil de règlement de comptes ou de chantage institutionnel.
Faustin Nkumbi/ Congoprofond.net
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
