Société
Kasaï : Difficultés de paiement des enseignants par Advans, avec des accusations de blocage de fonds par Equity BCDC
L’agence Advans Banque de Tshikapa rencontre des difficultés pour verser les salaires des enseignants dans la province du Kasaï, notamment à Tshikapa même et dans certains sites comme Kayala, Kamuesha et Kamonia. Ces retards de paiement remontent à novembre et concernent novembre et décembre de salaire non réglés.
Par exemple, le site de Kayala a été payé en décembre pour les mois de novembre et décembre, tandis que d’autres sites comme Kamuesha et Kamonia ont également été affectés par ces retards.
Cette situation est perçue comme étrange par de nombreux observateurs, car Advans Banque s’était toujours distinguée par sa régularité dans le paiement des salaires.
Le mois de novembre a marqué un changement de responsable à la tête de l’agence Advans de Tshikapa. Alain Nselevo a quitté son poste et a été remplacé par Guelord Kayembe, un nouveau directeur qui, selon certains, n’aurait pas maîtrisé tous les aspects de l’administration bancaire. Toutefois, la véritable raison de ces difficultés semble résider ailleurs.
Malgré l’engagement de Guelord Kayembe à régler les salaires des enseignants avant le 20 décembre, la situation sur le terrain n’a pas évolué comme prévu, et les paiements ont été à nouveau bloqués.
Plusieurs sources pointent du doigt Equity BCDC, la banque mandataire de la Banque Centrale du Congo (BCC) à Tshikapa, qu’elles accusent de bloquer volontairement les fonds destinés à Advans Banque pour le paiement des enseignants. Ce blocage empêche Advans de s’acquitter de ses obligations envers les enseignants, ce qui complique encore la situation et met la banque sous pression.
Contactée par Congoprofond.net, Equity BCDC n’a pas souhaité s’exprimer sur ces accusations. La responsable de l’agence à Tshikapa, Viviane Mbiola Nkonga, a refusé de commenter la situation, ce qui a alimenté les spéculations et donné l’impression qu’elle pourrait reconnaître les faits sans pour autant les admettre publiquement.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle touche directement les conditions de vie des enseignants, pour lesquels l’État effectue des retenues pour garantir leur prise en charge.
Plusieurs sources affirment que Equity BCDC à Tshikapa chercherait à récupérer tous les paiements destinés aux enseignants payés par Advans Banque, en bloquant volontairement les fonds. Cette situation alimente les tensions et complique davantage la gestion des paiements.
Cependant, la régularisation de la situation devrait intervenir grâce à l’intervention de la Banque Centrale du Congo, qui pourrait contraindre Equity BCDC à lever ce blocage. De plus, les enseignants payés par cette banque dans d’autres provinces se sont également plaints des conditions de travail interne dans certaines agences d’Equity BCDC.
Certains syndicalistes ont tenté d’engager des discussions avec Viviane Mbiola Nkonga sur cette question, mais n’ont pas réussi à obtenir une réponse.
De son côté, Advans Banque Tshikapa se dit déterminée à résoudre cette difficulté une fois pour toutes.
Faustin Nkumbi/CONGOPROFOND.NET
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Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
