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Kasaï : Deux députés PPRD exigent la démission du gouverneur Pieme

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Les députés provinciaux Jacques Matadi Pasa, élu dans la circonscription électorale de Tshikapa ville, et Muller Milambo, élu d’Ilebo désavouent et exigent dans 24 heures la démission du gouverneur Dieudonné Pieme Tutekot jugé incompétent dans la gestion de la province du Kasaï.

Selon ces deux élus PPRD, le gouverneur Pieme également secrétaire exécutif du PPRD, ils lui reprochent la gestion catastrophique des finances publiques, le non-respect des procédures de passation des marchés publics, l’incapacité managériale de faire développer la province.

« Le gouverneur Pieme, actif dans le domaine minier, a fait des promesses qu’il n’honore pas, il est trop parleur que faiseur, c’est pourquoi aujourd’hui nous avons opté, avec certains collègues du PPRD, d’exiger sa démission dans 24 heures, car son bilan est négatif depuis qui il est à la tête de l’exécutif provincial. Ce qui se justifie par la gestion chaotique de la province du Kasai », a déclaré l’élu local Jacques Matadi Pasa.

Surnommé « prêtre » dans le domaine minier, le gouverneur Dieudonné Pieme a en premier été taclé par le président de l’assemblée provinciale du Kasaï, d’être parleur et prometteur que réalisateur, loin de lui d’amener la province à sa taille comme il l’avait promis lors des élections des gouverneurs en avril 2019.

Pendant ce temps, deux motions sont déposées sur le bureau de l’organe délibérant du Kasai contre ce même gouverneur de province tête première est du député Calvin Minga Jean qui accuse le gouverneur Pieme d’avoir détourné près de deux millions de dollars américains destinés à la construction du bâtiment administratif de gouvernement et de l’assemblée provinciale.

Pour étouffer cette motion de censure du député Jean Calvin Minga, une autre motion est déposée par le député Mposhampa Ferdinand. Sa motion porte sur les 11 mois d’arriérés de salaires des agents du gouvernorat, la non assistance de la population de Kele après effondrement du pont Kasai, le non démarrage de travaux des deux routes d’intérêt provincial dites corridor nord et sud.

 

Clementus Lusamba Lua Mbombo à Tshikapa/ Congoprofond.net

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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?

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Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.

Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.

Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.

Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.

Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.

Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.

Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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