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Politique

Kasaï Central : Plus de 60 chefs coutumiers réclament à Tshisekedi la primature et 6 autres ministères au prochain gouvernement central

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Dans une déclaration solennelle adressée au Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, à l’occasion de sa réélection pour un deuxième mandat, les autorités traditionnelles du Kasaï Central, membres de l’Association Nationale des Autorités traditionnelles du Congo (ANATC), ont sollicité 7 ministères pour la province du Kasaï Central parmi lesquels la Primature.

« Le Kasaï Central a subi une discrimination hors paire de différents régimes politiques de 1965 à 2018 et a été rabaissé, puis oublié au partage équitable des postes de responsabilités politiques sous prétexte d’être un bastion de l’opposition sous le leadership du Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire. Aujourd’hui acquise à la mouvance présidentielle avec une confiance renouvelée en votre personne à la hauteur de 99% des voix exprimées… », peut-on lire dans cette déclaration dont une copie est parvenue à CONGOPROFOND.NET.

A cet effet, les autorités traditionnelles du Kasaï Central veulent voir la Primature revenir à l’un des fils ou filles de cette Province.

 » Nous réclamons des postes politique et ministériel pour les filles et les fils du Kasaï Central pour l’achèvement de vos projets lancés, notamment, la Primature,la présidence de l’Assemblée nationale,le ministère des ITPR , de l’Agriculture, du Budget et des Finances », martèlent les chefs coutumiers du Kasaï Central.

Ces gardiens de pouvoir ancestral rappellent également au chef de l’État sa promesse de revalorisation de l’autorité traditionnelle, socle de la stabilité de la consolidation de la paix et du développement de la RDC.

Il convient de noter qu’environ 60 chefs coutumiers ont signé cette déclaration.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Actualité

Vivian van de Perre : Le leadership discret et déterminé qui a maintenu la MONUSCO à flot dans la tourmente congolaise

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Pendant près de quatre mois, entre le départ de Bintou Keita le 30 novembre 2025 et l’arrivée de James Swan le 8 avril 2026, c’est une femme qui a porté sur ses épaules la direction effective de l’une des plus grandes et des plus complexes missions de maintien de la paix des Nations Unies. Vivian van de Perre, Deputy Special Representative of the Secretary-General (DSRSG) chargée de la Protection et des Opérations, a assumé les fonctions de SRSG et cheffe de la MONUSCO par intérim avec un professionnalisme et une résilience salués tant à Kinshasa qu’à New York.

Nommée en février 2024, cette Néerlandaise de carrière onusienne a assuré un leadership exemplaire dans un contexte extrêmement volatil : intensification des combats à l’est, progression du M23, restrictions d’accès imposées aux casques bleus, crise humanitaire majeure et pression internationale pour un cessez-le-feu crédible. Son intérim n’a pas été une simple gestion des affaires courantes, mais une période d’action concrète et de continuité stratégique.

Une femme de terrain à l’épreuve du feu congolais

Vivian van de Perre apporte à la MONUSCO plus de 30 ans d’expérience au sein du système des Nations-Unies, tant sur le terrain qu’au Siège à New York. Avant son arrivée en RDC, elle avait été Deputy Special Representative de la mission onusienne au Yémen (UNMHA), Chief of Staff de la MINUSCA en République centrafricaine, et avait déjà occupé le poste de Chief of Staff de la MONUSCO elle-même en 2017. Son engagement pour la paix remonte à son service dans l’Armée royale néerlandaise de 1989 à 1998, puis comme officier militaire au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU entre 1994 et 1997. Cette double expertise militaire et civile fait d’elle une figure rare, capable de combiner rigueur opérationnelle et vision stratégique.

Dès la fin novembre 2025, elle a pris les rênes de la mission et multiplié les initiatives. En février 2026, elle s’est rendue à Goma ( premier atterrissage d’un hélicoptère de la MONUSCO à l’aéroport depuis janvier 2025 ) pour préparer le suivi du cessez-le-feu en coordination avec les autorités congolaises et les mécanismes régionaux. En janvier puis en mars 2026, elle a briefé le Conseil de sécurité sur la situation sécuritaire et humanitaire à l’est, insistant sur la protection des civils, l’accès humanitaire et les risques d’escalade régionale. En Ituri, à Uvira, auprès du Président Tshisekedi, elle a maintenu un dialogue constant avec l’ensemble des acteurs. Sous sa direction, la mission a continué d’offrir une protection physique à près de 3.000 civils dans certaines de ses bases, tout en documentant les violations des droits humains et en appuyant les mécanismes de vérification du cessez-le-feu de Doha.

Son action a permis d’éviter tout vide de leadership stratégique à un moment où la MONUSCO faisait face à des défis colossaux : préparation d’une transition ordonnée, appui à la réforme du secteur de la sécurité, et maintien de la crédibilité de l’ONU face à une violence qui ne faiblissait pas. Aujourd’hui, avec l’arrivée de James Swan comme nouveau SRSG, elle reprend pleinement son rôle de DSRSG. Son expérience et sa connaissance fine du dossier congolais resteront un atout majeur pour la mission.

Dans un environnement où la MONUSCO est souvent critiquée (parfois à raison) pour ses limites opérationnelles, le leadership de Vivian van de Perre pendant ces mois d’intérim a rappelé l’importance d’un engagement discret, professionnel et déterminé. Dans l’ombre des grands titres, elle a maintenu le cap, protégé des vies et préservé l’espace pour une paix durable en RDC.

La République démocratique du Congo, pays aux potentialités immenses mais aux souffrances récurrentes, a besoin de ce type de leadership : rigoureux, humain et tourné vers l’avenir. Vivian van de Perre en a offert un bel exemple.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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