Actualité
Kasaï-Central : Les chefs coutumiers de Tshimbawu s’engagent à protéger la centrale de Katende
Le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Katende, un chantier stratégique pour l’électrification du Kasaï Central, a reçu un soutien de poids. Une délégation de chefs coutumiers et de notables du village de Tshimbawu, situé à proximité des chutes, a été reçue en audience mercredi 17 septembre par le gouverneur ad intérim, Job Kuyindama. Les chefs traditionnels ont non seulement témoigné des progrès réalisés sur le terrain, mais se sont aussi engagés à veiller à la sécurité du site.
L’engagement des chefs coutumiers à protéger l’infrastructure est un développement crucial pour la sécurisation du projet. En leur qualité de « protecteurs des biens et des personnes », les autorités traditionnelles du village de Tshimbawu affirment leur rôle de gardiens de ce projet vital. Leur soutien est d’autant plus important que la région a connu des périodes de troubles, et la collaboration avec les communautés locales est un gage de stabilité pour la pérennité du chantier.
Au cours de leur rencontre avec le gouverneur Kuyindama, les chefs, conduits par le chef éponyme Tshimbawu, ont confirmé que les travaux « avancent normalement depuis leur reprise ». Ils ont assuré être revenus du site et avoir constaté les progrès de leurs propres yeux. « On a déjà commencé à couler le béton au niveau du canal d’amener », a-t-il déclaré.
*Un appel à l’unité et à l’espoir*
Le chef Tshimbawu a exprimé sa satisfaction face au suivi régulier du projet par l’autorité provinciale. Son discours s’est voulu un message d’encouragement à toute la population du Kasaï Central. « L’ampoule de Katende va toujours s’allumer. Que les travaux évoluent jusqu’à ce que nous ayons de l’électricité », a-t-il martelé. Il a exhorté tous les « Centre Kasaïens » à « rester unis et à garder de l’espoir », car l’accès au courant électrique est un facteur déterminant pour le développement de la région.
Le gouverneur Kuyindama, de son côté, s’est réjoui de ce témoignage venu de la base. Il a réaffirmé la « détermination du pouvoir public provincial » à faire de ce projet une réalité, en ligne avec la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi d’électrifier le Kasaï. Prévue pour produire 64 mégawatts, la centrale de Katende est un pilier de la stratégie de développement de la RDC, et sa mise en service, attendue d’ici 24 mois, pourrait transformer durablement la vie des populations de cette province.
Félicien MK | CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple
Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.
Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.
Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.
Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.
Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.
S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
