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Kasaï-Central : Lancement, à Kananga, de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre
C’est dans une ambiance empreinte d’émotion et d’engagement citoyen que la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été officiellement lancée dans la province du Kasaï-Central ce mardi 25 novembre.

Sous le thème mondial : « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles », l’événement a rassemblé les autorités politico-administratives, coutumières, les organisations de la société civile et les agences du système des Nations unies, dans la salle du Barreau de Kananga.
Auparavant, une marche pacifique symbolique a été organisée. Partie du rond-point Notre-Dame, elle a traversé les artères principales de la ville pour chuter au gouvernorat de province, où un mémorandum poignant a été remis au gouverneur Joseph Moïse Kambulu.
Dans ce mémorandum, lu par l’activiste Bernadette, les femmes du Kasaï-Central ont dénoncé la montée inquiétante des cas de viols, mariages précoces, agressions sexuelles et violences domestiques, y compris sur des enfants parfois âgés de moins de 10 ans. Un cas particulièrement choquant concerne un bébé de 6 mois violé et décédé après l’agression.
Selon les statistiques présentées, plus de 20 000 cas de violences basées sur le genre (VBG ont été rapportés depuis 2021, dont 3 134 rien qu’au deuxième trimestre 2025. La majorité des cas sont des viols (65 %), suivis des violences physiques, psychologiques et mariages précoces.
Les femmes exigent :
– Le déploiement de magistrats dans les territoires pour faciliter l’accès à la justice ;
– L’organisation d’audiences foraines pour juger les bourreaux ;
– Le renforcement des centres de prise en charge multisectorielle ;
– La lutte contre l’impunité et les pratiques coutumières néfastes.
Elles appellent également les partenaires techniques et financiers à intensifier leur soutien aux programmes de prévention, sensibilisation, réinsertion et autonomisation.
La campagne a été officiellement lancée par la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Marie Élysabeth Bana Kayi, qui a salué le courage des femmes et réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à œuvrer pour l’élimination de toutes formes de violences à l’égard des femmes et des filles.
Cette campagne, qui se poursuit jusqu’au 10 décembre, vise à mobiliser l’ensemble de la communauté pour briser le silence, éradiquer les violences, et garantir un avenir sûr, digne et équitable pour toutes les femmes et filles du Kasaï-Central.
Mike Tyson Mukendi/ Congoprofond.net
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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
