Politique
Kasaï-Central : Félix Tshisekedi appelle à une meilleure communication entre les ministres et le gouverneur sur certains projets
Dans une directive claire et posée, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a récemment formulé une série de recommandations à l’attention du gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu Nkonko, ainsi qu’aux ministres concernés.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la communication concernant l’état d’avancement des projets en cours dans cette province.
Cette prise de position intervient après des déclarations controversées de M. Kambulu Nkonko, qui avait exprimé le mécontentement de la population face à ce qu’il qualifiait d’inaction de l’État central dans le développement du Kasaï-Central.
Ces propos, tenus en présence même du chef de l’État Tshisekedi lors de sa visite dans la région, ont suscité un débat houleux, certains y voyant une critique directe des efforts du gouvernement national.
Face à cette situation, le président Tshisekedi a rappelé l’importance d’une communication transparente et régulière sur les projets en cours.
Selon lui, la désinformation peut gravement éroder la confiance du public envers les institutions. « Il est fondamental que les initiatives gouvernementales soient expliquées clairement et que l’état d’avancement des projets soit partagé avec la population », a-t-il affirmé lors du dernier Conseil des ministres.
« Cela permettra non seulement d’informer les citoyens, mais également de renforcer un climat de confiance mutuelle ».
Le président a souligné le rôle clé des autorités locales dans ce processus, en invitant le gouverneur et les ministres provinciaux à mettre en place des canaux de communication efficaces avec les citoyens. Cette approche vise à limiter la propagation de rumeurs infondées et à instaurer un dialogue constructif entre les gouvernants et les gouvernés.
Cependant, les propos de Félix Tshisekedi ont été accueillis avec prudence par certains observateurs politiques. Ceux-ci estiment que la défiance envers le gouvernement central dans des provinces comme le Kasaï-Central ne peut pas être dissipée uniquement par des efforts de communication. Ils insistent sur la nécessité de réformes substantielles dans les politiques de développement et d’une attention accrue aux besoins des populations locales pour un changement durable.
Mike Tyson Mukendi / CONGOPROFOND.NET
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
