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Kasaï central : 232 victimes de Nsubu, ex chef Kamuina Nsapu, face à leur bourreau depuis ce mercredi à Nkongolo Monshi
Le groupement Nkongolo Monshi, dans le territoire de Kazumba au Kasaï central, au centre de la RDC, abrite le tout premier procès international du conflit Kamuina Nsapu. Le principal accusé, Nsubu Katende, 44 ans, présumé ex-chef milicien, est poursuivi notamment pour crimes de guerre et terrorisme lors des attaques de plusieurs villages dans ce territoire en février 2017. Actes attribués aux hommes sous ses ordres durant le conflit Kamwina Nsampu. Face à lui, près de 232 victimes. C’est le tribunal militaire de garnison de Kananga siègeant en chambre foraine qui juge le prévenu.
Les faits remontent entre les 20, 22 et 27 février 2017. Le prévenu Nsubu, chef du groupement Katende Bakua Buisha, rapportent plusieurs temoignages, a tué, pillé, mutilé, torturé et incendié plus de 250 cases dans les localités de Lusala, Lungole, Tshilobo, Tshingana dans le secteur Matamba, territoire de Kazumba.

Le prévenu Nsubu a, au cours de l’audience de ce mercredi, rejetté tous les chefs d’accusation mis à sa charge. » Il s’agit des haineux qui veulent toujours me voir devant les cours et tribunaux », explique Nsubu Katende, serein au début du procès.
Ce procès se déroule avec l’appui du PNUD, BCNUDH, ETJSS dans le cadre du projet PAJJR (Paix, Justice, réconciliation et reconstruction).
MUABILAYI/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
