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Kanyama Kasese et Sakadi : Le pari du général Kasongo Kabwik pour ressusciter la terre congolaise

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« Cette saison, nous visons 10.000 tonnes. L’an prochain, 15.000. Puis 50.000, jusqu’à atteindre entre 75.000 et 100.000 tonnes. »
La voix du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national (SN), résonne avec assurance. Son ambition : faire de la production agricole un levier de souveraineté pour la République démocratique du Congo.

Mais la vision du général dépasse les frontières du centre pilote de Kanyama Kasese. À 65 km plus loin, sur le site de Sakadi, dans la province du Lualaba, l’attend un autre chantier colossal : la renaissance d’un ancien projet du ministère de l’Agriculture, longtemps laissé à l’abandon.

Sur le terrain, le constat est amer : tracteurs jamais utilisés, hangars effondrés, machines flambant neuves rongées par la rouille. Autant de témoins muets d’une époque de promesses non tenues, malgré des millions de dollars déjà investis.

« Regardez, tout ce matériel n’a jamais servi. Ce sont des équipements neufs… abandonnés », déplore le général Kasongo, sans pour autant tomber dans la recherche de coupables.

Le mot d’ordre est clair : agir plutôt que blâmer

Sous sa houlette, le Service National s’attelle à réparer, réhabiliter et relancer. Première étape : remettre en état les 65 km de route qui mènent à Zakadi, car, rappelle-t-il, « sans route, pas d’agriculture ».

Face aux défis logistiques, le général privilégie une méthode fondée sur la volonté, l’intelligence et la planification :
« La volonté, c’est ce que nous avons ici. L’intelligence, c’est la capacité à s’adapter et à trouver des solutions simples. Nous avons compris qu’il suffisait d’ajouter deux remorques. Simple, mais efficace. »

Derrière ce pragmatisme se dessine une conviction profonde : la terre congolaise peut redevenir une force de prospérité nationale.

Avec détermination, le Service National s’impose comme un acteur clé de la relance agricole et du redressement moral du pays.

Parce qu’au Congo, la terre n’a jamais cessé d’attendre. Et aujourd’hui, elle répond.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante

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À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.

Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».

Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits

Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.

Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».

Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.

Une légende aux accents mystiques

Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.

On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.

Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».

Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.

L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?

La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.

Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».

Du banditisme à la chute

Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.

Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.

Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».

Prison, oubli… puis rédemption inattendue

Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.

Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.

Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».

Une renommée jusqu’aux États-Unis

L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.

Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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