Société
Kananga face à la vie chère : l’essence grimpe à 3 300 FC sous pression des routes dégradées et du taux de change
La ville de Kananga, chef-lieu du Kasaï Central, est confrontée à une hausse rapide du prix de l’essence. En l’espace de 72 heures, le litre est passé de 2 800 à 3 300 voire 3500 francs congolais, une situation qui suscite de vives inquiétudes au sein de la population.
Outre les difficultés d’approvisionnement évoquées précédemment, plusieurs facteurs supplémentaires expliquent cette flambée. Les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur la région ont fortement dégradé l’état des routes, compliquant davantage le transport des produits pétroliers vers la ville. Dans certaines zones, les voies d’accès sont devenues difficilement praticables, ralentissant les livraisons et augmentant les coûts logistiques.
À cela s’ajoute la hausse du taux de change du dollar américain, monnaie de référence dans l’importation des produits pétroliers en République démocratique du Congo. La dépréciation du franc congolais face au billet vert entraîne mécaniquement une augmentation du prix des carburants à la pompe.
Dans ce contexte, les transporteurs et les conducteurs de motos-taxis à Kananga commencent déjà à ajuster leurs tarifs, répercutant cette hausse sur les usagers. Une situation qui risque d’entraîner une augmentation généralisée du coût de la vie dans les prochains jours.
Face à cette conjoncture, la population appelle à des mesures urgentes des autorités pour stabiliser les prix et améliorer l’état des infrastructures, afin de limiter les effets de ces multiples pressions sur le quotidien des habitants.
Mike Tyson Mukendi
À la Une
Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
