Politique
Kananga/Agression rwandaise : le gouvernement provincial désapprouve l’autorisation des marches par la mairie
Le gouvernement provincial du Kasaï-Central a vivement condamné, ce lundi 3 février 2025, le comportement du maire de Kananga et de ses services, suite à l’organisation de plusieurs marches concurrentes de soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux groupes de Wazalendo, ainsi que de protestation contre l’agression rwandaise dans l’Est du pays, le samedi précédent.
La ville de Kananga a été le théâtre de trois marches distinctes, ce qui a transformé l’événement en une manifestation politisée, au lieu d’un rassemblement de soutien unifié aux forces armées et de dénonciation de l’agression rwandaise.
Réaction du gouvernement provincial
Le Conseil Provincial de sécurité, présidé par le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu Nkonko, a exprimé sa désapprobation face à cette situation. Selon un compte rendu lu par Pierrot Mutela, ministre provincial de la communication et médias et porte-parole du gouvernement, le Conseil avait autorisé une seule marche, organisée par la société civile, et non celles des partis politiques.
Le gouvernement provincial considère le comportement de maire et de ses services comme une « insubordination » et une « faute lourde » passible de « sanctions administratives et rigoureuses ».
Le gouvernement provincial appelle à l’unité et à la cohésion de tous les acteurs de la société civile et politique pour soutenir les FARDC et les Wazalendo dans leur lutte contre l’agression rwandaise et pour la restauration de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC.
Mike Tyson Mukendi
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
