À la Une
Kamerhe : vers une 10ème demande de liberté provisoire !
La dernière demande de remise en liberté provisoire de Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Chef de l’État en détention à la prison centrale de Makala, introduite le week-end a été rejetée. C’est la neuvième fois que sa demande n’est pas acceptée. Ses avocats invoquent la dégradation de son état de santé pour justifier leur requête.
« Les juges se sont déclarés non saisis de la demande de mise en liberté provisoire. Ils sont allés puiser le motif de leur non saisine dans une audience ordinaire qui n’avait rien n’à avoir avec la chambre du conseil », a dit à RFI Maître Jean-Marie Kabengela, l’un de ses avocats ce lundi 24 août 2020.
À lui d’ajouter: » Nous n’allons pas nous fatiguer, nous allons continuer à demander même 1000 fois la demande de mise en liberté provisoire au regard de l’état de santé de notre client qui ne cesse de se dégrader chaque jour ».
Bien avant, le leader de l’Union pour la nation Congolaise a été évacué d’urgence dimanche 23 août 2020 dans un centre hospitalier de la ville. D’après son assistant Michel Moto, « il était mal en point en fin d’après-midi. Sa situation s’est dégradée ».
Quelques heures après Aimé Boji, Secrétaire Général du parti avait fait savoir, dans un communiqué, que l’état de santé de Vital Kamerhe est stable mais nécessite un suivi médical approprié.
« Nous venons d’échanger, il y a quelques instants, avec les médecins qui le soignent et tenons à informer les cadres, militants, sympathisants, l’opinion nationale et internationale, que son état de santé est stable mais nécessite un suivi médical approprié et permanent », rapportait l’UNC dans un communiqué.
Le parti remercie les autorités du pays « d’être intervenu avec diligence afin de permettre son déplacement vers une structure sanitaire adéquate de la place ».
Rappelons-le, après trois renvoies, l’audience en appel de Kamerhe Vital est prévue pour le 18 septembre prochain à la Cour d’appel de Kinshasa/ Gombe. Il sera question pour les avocats de VK de se battre pour obtenir son acquittement dans l’affaire du détournement, en complicité avec Samih Jammal et Jeannot Muhima, de 57 millions USD destinés à l’achat des maisons préfabriquées prévus dans le programme d’urgence de cent jours du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi.
MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
