À la Une
Kabuya vs Bizibu : L’UDPS règle ses comptes à Kananga
Ce samedi à Kananga, pendant que la Première ministre Judith Suminwa tentera de poser les jalons d’une gouvernance apaisée, responsable et efficace, deux factions rivales de l’UDPS s’apprêtent à transformer le berceau du président Tshisekedi en ring politique. Loin des discours sur l’unité et le développement, c’est un combat de pouvoir, de revanche et de survie interne qui s’annonce. Le parti présidentiel, censé incarner la démocratie congolaise, risque d’offrir le triste spectacle d’une « bataille » larvée.
Judith Suminwa, prise au piège d’un théâtre de guerre politique
La première tournée officielle de la Première ministre dans le Grand Kasaï devait être un moment de communion avec une base historique du pouvoir. Elle risque fort de virer au cauchemar politique. À Kananga, l’UDPS a préparé une double réception : d’un côté, les fidèles du secrétaire général Augustin Kabuya, maître des rouages institutionnels du parti ; de l’autre, les partisans de Déo Bizibu, qui s’estime trahi, marginalisé et privé d’un combat qu’il considère encore sien.
Sur les Réseaux sociaux, des figures de proue de chaque camp ( Zacharie Bababaswe pour le compte de Déo Bizibu et Jules Moniéré en faveur d’Augustin Kabuya), ne jurent que par l’écrasement de leurs protagonistes.
L’événement gouvernemental est devenu l’occasion rêvée pour une démonstration de force.
Kabuya vs Bizibu : Guerre des chefs, ruine du parti
Ce qui se joue aujourd’hui à l’UDPS dépasse une simple divergence de stratégie. C’est une lutte de territoire, d’influence, et surtout d’héritage politique. Augustin Kabuya, devenu figure incontournable du système Tshisekedi, contrôle encore le parti. En face, Déo Bizibu brandit le drapeau des valeurs fondatrices et dénonce une dérive. Mais entre calculs, frustrations et ambitions personnelles, qui peut encore parler d’idéaux ?
Kananga, point de rupture ?
Des bus affrétés, des réunions parallèles, des militants chauffés à blanc : à Kananga, tout est prêt pour une confrontation qui ne dit pas son nom. Les deux camps ont convoqué leurs troupes. La tension est palpable dans les quartiers, où la loyauté se négocie, parfois à coups de billets. L’enjeu est clair : qui contrôle la rue, contrôle l’image du parti. Et peut-être le futur.
Tshisekedi, le grand absent… ou le vrai instigateur ?
Silence radio du chef de l’État. Pas un mot pour calmer les ardeurs. Pas une consigne pour éviter le choc. À croire que cette guerre interne l’arrange. En laissant Kabuya écraser ses opposants internes, le président resserre son cercle. Mais à quel prix ? Le parti-mouvement, né dans les geôles de la dictature, se transforme sous ses yeux en machine à diviser, à exclure, à humilier. L’UDPS, jadis rempart contre les abus du pouvoir, est devenu un appendice du pouvoir lui-même.
Le début de la fin ?
Si Kananga marque une étape dans cette bataille intestine, elle pourrait aussi en être le point de non-retour. Car après les slogans, il restera des blessures, des exclusions, des rancunes durables. L’implosion n’est plus une hypothèse : elle est en marche. Et avec elle, une fracture durable entre le pouvoir et sa base. L’UDPS de 2025 risque de n’être plus qu’un nom à cause d’une guerre d’égos. L’histoire jugera.
Jules Kisema/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
