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Justice bâillonnée, démocratie menacée : L’État doit répondre de l’enlèvement de Me Médard Palankoy

Le silence des institutions est devenu un cri d’oppression. Cela fait désormais plusieurs semaines que Me Médard Palankoy, avocat au Barreau de Kinshasa-Gombe, est détenu dans des conditions extrajudiciaires honteuses par le Conseil National de Cyberdéfense. Depuis le 14 mars 2025, cet avocat défenseur des droits humains est privé de liberté, soustrait à la justice ordinaire, privé de sa famille, de ses avocats, de son passeport et, surtout, de ses droits.

Ce qui se joue ici n’est pas un simple abus administratif : c’est une entreprise délibérée de terreur institutionnalisée. Aucun mandat, aucune notification de charges, aucun transfert devant un juge compétent. Rien que l’arbitraire le plus brut, le plus dangereux. Pire, après plusieurs jours de séquestration, c’est seulement alors que les services de renseignement financier sont sollicités, dans une tentative de justification a posteriori. « Sommes-nous encore dans un État de droit ou dans une zone d’ombre institutionnelle où l’on piétine la Constitution en plein jour ? », se demandent les signataires d’une déclaration exigeant la libération de cet avocat.

Le Barreau de Kinshasa-Gombe, interpellé directement, continue de garder un silence assourdissant, un silence qui confine à la complicité. Comment peut-on se dire garant des libertés et de la justice, tout en se détournant de l’un des siens, livré à une détention politique masquée sous le vernis sécuritaire ? Il est temps que l’Ordre se rappelle que sa première mission n’est pas de composer avec le pouvoir, mais de défendre les principes intangibles de la justice.

Nous disons non à la criminalisation de la profession d’avocat, non à l’utilisation d’organes administratifs pour faire le travail de la police, du parquet et des juges. Nous exigeons la libération immédiate de Me Palankoy, ou sa présentation sans délai devant son juge naturel, comme le prévoit la loi. Le Conseil National de Cyberdéfense doit répondre de ses actes, et une enquête indépendante doit être ouverte pour faire toute la lumière sur ces dérives intolérables.

Assez de pratiques obscures. Assez de détentions arbitraires. Assez de peur et d’intimidation dans un pays qui prétend se bâtir sur les fondements démocratiques. Nous, organisations de défense des droits humains, restons debout, et nous n’abandonnerons pas ce combat. L’affaire Palankoy n’est pas une affaire isolée : c’est un test pour notre démocratie, pour notre justice, pour notre avenir commun.

Signataires :
– Panel des Experts de la Société Civile
ALERTE-RDC
– Observatoire Citoyen des Droits et de Lutte contre la Corruption en RDC
– Action pour le Bien-être au Monde
Chaire Congolaise des Droits de l’Homme
– Synergie des Femmes Dynamiques pour le Développement Intégré
– Action Jeunes pour le Développement et la Paix
– Dynamique de la Jeunesse / Forces Vives
– Human Rescue/DRC
– SERASCOMIR
– Action des Femmes pour le Développement de la Femme
– Amour Bonne Conduite
– Filles et Mamans pour le Développement
– Mouvement des Chrétiens pour le Développement du Congo
– Clinique Électorale Congolaise
– Synergie des Femmes des Confessions Religieuses
– Forum Citoyen
– Fédération Congolaise des Personnes Vivant avec Handicap
– Ligue pour la Paix et le Développement Intégral
– Groupe d’Assistance aux Marginalisés
– Institut pour la Gouvernance et l’Éducation Électorale
– Action des Chrétiens Activistes des Droits Humains à Shaunda