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Analyses et points de vue

Judith Suminwa : Répondre aux préoccupations de la Jeunesse congolaise dans un monde en mutation

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Alors que la RD Congo se trouve à un tournant décisif, la Première Ministre Judith Suminwa est confrontée à des attentes pressantes de la part d’une jeunesse en quête d’opportunités. Face à des défis tels que le chômage, le logement et la nécessité de subvenir aux besoins d’une progéniture dans un contexte de transition écologique, Suminwa doit articuler des réponses concrètes et innovantes.

La question de l’emploi est centrale pour la jeunesse congolaise. Judith Suminwa doit piloter des initiatives visant à diversifier l’économie en soutenant l’entrepreneuriat et l’innovation. La mise en place de programmes de formation adaptés aux besoins du marché est essentielle. A la place, l’on assiste impuissant à une inaction inquiétante.

En collaborant avec le secteur privé, elle pourrait encourager des entreprises à s’implanter et à investir dans des secteurs en pleine expansion, comme les technologies de l’information, l’agriculture durable et l’énergie renouvelable. De plus, la création de zones économiques spéciales pourrait stimuler l’industrialisation, offrant ainsi des emplois directs et indirects.

La Première Ministre devrait également envisager des incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent des jeunes, tout en favorisant des politiques de protection sociale pour garantir des conditions de travail décentes. L’accès à un logement abordable est un enjeu majeur pour la jeunesse congolaise.

Judith Suminwa doit élaborer une stratégie nationale pour le logement qui inclut la construction de logements sociaux et la réhabilitation des infrastructures existantes. La création de partenariats public-privé pourrait permettre de mobiliser des ressources pour développer des projets immobiliers accessibles.

Par ailleurs, des mécanismes de financement innovants, comme des prêts à taux réduits ou des subventions pour les jeunes ménages, pourraient faciliter l’accès à la propriété. Il est également crucial d’incorporer des principes de durabilité dans le développement urbain pour répondre aux enjeux environnementaux.

Pour permettre à la jeunesse de subvenir aux besoins de sa progéniture, Judith Suminwa doit promouvoir des politiques familiales robustes. Cela inclut l’accès à des services de santé de qualité, l’éducation et des programmes de soutien à la parentalité.

La création de crèches et de garderies accessibles et abordables pourrait permettre aux jeunes parents de concilier travail et vie familiale. Dans un monde en pleine transition écologique, il est impératif que les politiques mises en place par la Première Ministre intègrent des solutions durables.

Cela peut passer par la promotion des énergies renouvelables, l’agriculture durable et une gestion responsable des ressources naturelles. Des programmes de sensibilisation et de formation sur l’économie verte pourraient préparer la jeunesse à des carrières dans des secteurs respectueux de l’environnement.

Judith Suminwa a l’opportunité de transformer les préoccupations de la jeunesse congolaise en actions concrètes. En articulant un plan d’action clair et ambitieux, elle peut non seulement répondre aux attentes pressantes des jeunes, mais aussi bâtir un avenir durable pour la RDC.

Le véritable défi réside dans la mise en œuvre efficace de ces initiatives, nécessitant un engagement réel et une collaboration étroite entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile. Le succès de son mandat dépendra de sa capacité à répondre aux aspirations d’une jeunesse qui mérite des opportunités tangibles et un avenir prometteur.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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