Politique
Judith Suminwa à Kolwezi : un premier bain de foule et de défis au cœur du Lualaba
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a entamé ce mercredi une visite officielle dans la province du Lualaba, marquant sa toute première descente en tant que Cheffe du Gouvernement dans cette partie stratégique du pays.
Au programme : participation au Katanga Business Meeting 2025 (KBM 2025), échanges avec les différentes forces vives de la société et inspection de plusieurs infrastructures socioéconomiques en cours de réalisation.
Un accueil à la hauteur de l’événement
À son arrivée à l’aéroport national de Kolwezi, la Première Ministre a reçu les honneurs militaires en présence de la Gouverneure Fifi Masuka Saini et de nombreuses personnalités locales. Une foule compacte, composée de citoyens, de militants politiques et de membres de la société civile, a pris d’assaut les abords de l’aéroport pour souhaiter la bienvenue à celle qui incarne désormais l’exécutif national.

Émue par cet accueil populaire, Judith Suminwa a tenu à saluer la foule, dans un geste de proximité et d’écoute qui souligne son engagement à servir, conformément à la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Une visite symbolique, un leadership assumé
Pour Pascaline Numbi, point focal du mouvement Rien sans les femmes, cette visite constitue un signal fort de la volonté de la Première Ministre de concrétiser les projets de développement au profit des populations du Lualaba. Même son de cloche du côté de Florence Kahind, membre de l’Église kimbanguiste, qui a salué le sens du leadership et l’humilité de la Cheffe du Gouvernement.
Une première journée dense et stratégique
Dès cette première journée, Judith Suminwa a entamé un huis-clos avec la Gouverneure du Lualaba, suivi de la réunion du Conseil provincial de sécurité. Plusieurs audiences sont prévues, notamment avec la société civile, les confessions religieuses, les autorités traditionnelles et les partis politiques.

Son agenda inclut également la visite du chantier du nouveau bâtiment du gouvernorat, du village de congrès, de l’orphelinat Maman Denise Nyakeru Tshisekedi et du nouvel hôpital général de Mwangeji, actuellement en construction.
La journée se clôturera par sa participation à la cérémonie d’ouverture du Katanga Business Meeting 2025, un rendez-vous incontournable du monde économique katangais.
Tchèques Bukasa/CongoProfond.net
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
