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Judith Suminwa à Kananga : Un discours de proximité axé sur l’unité, la sécurité et la promesse de développement local

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La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a livré un discours dense et porteur d’espoir à la population de Kananga, capitale du Kasaï Central, lors de son meeting tenu ce samedi. Face à une foule attentive, la cheffe du gouvernement a articulé sa vision et les priorités de son équipe, mettant l’accent sur la proximité avec les provinces, l’unité nationale et l’amélioration progressive des conditions de vie des Congolais.

Dès le début de son intervention, la Première ministre a tenu à exprimer sa profonde gratitude : « Remerciements aux hommes et femmes du Kasaï pour l’amour que vous avez manifesté à mon endroit (surtout pour l’accueil…) ». Elle a également salué les députés nationaux et ministres qui l’accompagnaient, ainsi que les autorités provinciales (députés provinciaux, gouvernement local et son équipe) pour l’organisation de sa visite.

Judith Suminwa a clairement affirmé sa volonté de rompre avec une perception de centralisation : « Kinshasa ne constitue pas la République ». Elle a expliqué sa démarche d’aller dans plusieurs provinces depuis sa nomination afin de « s’enquérir des besoins de la population ». Reconnaissant que le gouvernement a une connaissance générale des problèmes, elle a insisté sur l’importance de « venir voir avec nos propres yeux ».

L’unité a été un thème central et récurrent de son discours. La Première Ministre a lancé un appel vibrant contre la division : « Nous ne voulons pas de la Division, nous ne voulons pas que les ennemis ne balkanisent pas notre Pays ». Cette mise en garde fait écho aux préoccupations sécuritaires persistantes à l’Est et aux tentatives de fragmentation du territoire national. Elle a réitéré cet appel à l’unité de toutes les communautés « pour faire développer notre Province », soulignant que la cohésion est la clé du progrès local et national.

Abordant les préoccupations quotidiennes des citoyens, Judith Suminwa a annoncé des mesures concrètes, tout en prônant le réalisme : « Nous avons commencé l’amélioration des conditions de vie de nos policiers et nos militaires. Les enseignants, les agents de l’État, construction des écoles, ça va venir petit à petit… ». L’amélioration du sort des forces de sécurité est une priorité pour garantir la paix, tandis que le soutien aux enseignants et agents de l’État, ainsi que la construction d’infrastructures sociales comme les écoles, répondent à des besoins fondamentaux.

Un point particulièrement attendu par la population du Kasaï Central concerne la relance des infrastructures. La Première ministre a rassuré sur les travaux des chutes Katende : « les fonds sont disponibles, le ministre des Mines fera une visite sur le site… ». Ce projet hydroélectrique est vital pour l’électrification de la région et son développement économique.

Abordant un autre point sensible, celui des infrastructures routières, la Première ministre a lancé un message clair et exigeant : « Je voudrais demander que les travaux des routes se poursuivent, pas des travaux quand nous autorités sommes sur la Ville… ». Elle a annoncé une visite personnelle des travaux de la route Kalambambuji, soulignant l’importance de la surveillance citoyenne : « Il faut veiller sur tout ce qui se fait ».

Consciente du défi de l’accès à l’eau potable, la Première ministre a promis une intervention : « Le problème de l’eau, il y aura la construction des forages dans certains coins, je veux veiller à ça… ». Pour assurer la concrétisation de ces projets, elle a précisé que les responsables des agences d’exécution majeures – BCECO, ACGT – sont sur place et qu’elle aura un échange direct avec eux. Cette coordination directe avec les acteurs clés est un signe de pragmatisme et de volonté d’accélérer les réalisations.

Le discours s’est clôturé sur une note de reconnaissance et d’appel à la collaboration : « Remerciements de la population pour avoir voté massivement le chef de l’État… ». Cela renforce le lien entre la légitimité électorale et l’action gouvernementale. Enfin, elle a synthétisé sa vision en reconnaissant l’ampleur des besoins : « C’est vrai il y a beaucoup des besoins, mais nous tous, nous devrions nous mettre ensemble pour développer notre Pays ». Ce message final est une invitation à la co-responsabilité et à l’action collective, réaffirmant que le développement de la RDC est l’affaire de tous.

Le discours de la Première Ministre Judith Suminwa à Kananga a été un mélange d’empathie envers la population, de réalisme face à l’ampleur des défis, et d’une ferme volonté d’action. En se déplaçant en province et en abordant les préoccupations locales, elle cherche à incarner un gouvernement de proximité. Ses annonces, bien que souvent inscrites dans une logique progressive, offrent des perspectives concrètes aux habitants du Kasaï Central. La réussite de sa mission dépendra désormais de la capacité du gouvernement à traduire ces promesses et ces engagements en réalisations tangibles sur le terrain.

MK Félicien/CONGOPROFOND.NET

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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