Société
Journée Mondiale de la santé mentale : Olivier Tombe tire la sonnette d’alarme
À l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé Mentale célébrée sous le thème « Faire entendre les expériences vécues : des voix réelles, un changement réel », Olivier Tombe Tombe, député national élu du territoire de Luebo au Kasaï, assistant et psychologue clinicien, a livré une déclaration forte ce vendredi 10 octobre.
Pour l’élu, la Nation congolaise traverse une crise invisible mais profonde qui ronge ses forces de l’intérieur : celle de la détresse psychologique.
« Notre pays fait face à des crises d’une intensité extrême qui affectent au plus haut point l’esprit de nos concitoyens. À l’Est de la République Démocratique du Congo, le traumatisme n’est plus un accident de parcours, il est devenu un quotidien interminable« , alerte-t-il.
Il dénonce la dégradation du débat politique, devenu selon lui un terrain de polémiques stériles qui surchargent davantage la santé mentale d’une population déjà traumatisée par 30 ans de guerres cycliques.
Il fustige également l’instrumentalisation de la cohésion nationale, brandie comme un simple slogan pour se rapprocher du pouvoir, en se vidant de son contenu par le seul rejet dogmatique de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Visant le discours du chef de l’État honoraire, Olivier Tombe y voit « une accumulation de mots embellis qui ne traduisent qu’une expression vivante du déni de réalité, ainsi qu’une ambivalence notoire, reflet d’une personnalité psychologique pathologique« . Pour lui, faire le lit de l’agresseur et se faire passer pour la solution alors qu’il est le maître du chaos à l’est du pays relève d’un besoin d’accompagnement psychologique, voire d’une cure psychanalytique pour mieux vivre l’après-pouvoir.
Pour le psychologue clinicien, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action législative et exécutive. Il lance deux appels.
Il exhorte le Bureau et l’ensemble des députés à inscrire en priorité l’examen et le vote de deux textes capitaux :
– La loi portant création et organisation de l’Ordre des Psychologues, afin de structurer et réguler la profession pour une prise en charge thérapeutique de qualité ;
– La modification de la loi portant sur la Santé Publique, avec comme exigence non négociable l’intégration effective des soins de santé mentale dans le paquet des soins de santé primaires.
Il appelle l’Exécutif à privilégier une optique globale de la santé telle que prônée par l’OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social ».
Sans une politique publique solide dédiée à la santé mentale, ce bien-être restera une chimère pour des millions de Congolais.
« Redonnons de la dignité à notre peuple, tant dans son corps que dans son esprit. Que vive la santé mentale et ses professionnels », conclut-il.
Faustin Nkumbi