Société
JIFFS : à Durba, Lydie Akpongbaye Emolongi plaide pour l’égalité des chances des femmes dans les STEM
À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science célébrée ce 11 février, des voix féminines se sont élevées à Durba, dans le territoire de Watsa (Haut-Uele), pour promouvoir l’égalité dans les sciences. Le thème mondial de cette année met l’accent sur la réduction des écarts entre les genres dans les STEM.
Parmi les intervenantes, Dr Lydie Akpongbaye Emolongi, Médecin Directeur du Centre Hospitalier de Durba, a lancé un appel en faveur d’une meilleure reconnaissance des compétences féminines dans le secteur scientifique.

« L’égalité améliore la recherche scientifique », a-t-elle affirmé, soulignant que les avancées majeures ne sont pas l’apanage des hommes. Elle rappelle que les femmes contribuent activement au progrès, notamment dans le domaine de la santé.
Déplorant le manque de confiance envers le travail des femmes dans certains milieux, elle insiste : « Les compétences n’ont pas de genre. Lorsqu’on offre aux femmes les mêmes opportunités, toute la société en bénéficie. »
S’adressant aux jeunes filles, Dr Emolongi les exhorte à faire preuve de détermination et à ne jamais considérer leur genre comme un frein à la réussite dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques.
Junior Kasamba
À la Une
Stervos Niarckos, l’éternel dieu de la SAPE : Matonge a célébré le 31ème anniversaire de la mort d’une légende vivante
31 ans après sa disparition, Stervos Niarkos Mukaravia Ngantshie demeure une figure tutélaire de l’élégance congolaise. À Matonge, cœur battant de la culture kinoise, la SAPE lui a rendu un hommage vibrant, entre ferveur spirituelle, esthétique assumée et mémoire collective.

Matonge en habit de cérémonie
À Matonge, haut lieu culturel et artistique de Kinshasa, la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes (SAPE) a célébré avec faste la mémoire de celui qu’elle considère comme son pape, son guide spirituel et son mythe fondateur.
Défilés spectaculaires, exhibitions vestimentaires, chorégraphies stylées et poses théâtrales sur l’asphalte brûlant : la journée s’est transformée en un véritable rituel d’élégance, fidèle à l’ADN d’un mouvement devenu patrimoine culturel urbain.
Quand Matonge devient capitale mondiale de l’élégance

Dès les premières heures, les sapeurs ( localement surnommés les « Japonais » en raison de leur fascination historique pour les griffes nippones ) ont envahi les rues dans un festival de couleurs, de coupes impeccables et d’accessoires luxueux.
Les grandes maisons internationales étaient à l’honneur :
Japon
Rei Kawakubo, Kenzo, Yohji Yamamoto
Europe
Louis Vuitton, Chanel, Dior, Saint Laurent, Hermès, Givenchy, Balenciaga, Lacoste, Céline
Italie
Gucci, Prada, Versace, Dolce & Gabbana, Armani, Fendi, Valentino, Bottega Veneta
Espagne
Zara, Mango, Massimo Dutti, Desigual
Allemagne
Hugo Boss, Adidas, Puma
Royaume-Uni
Burberry, Alexander McQueen, Vivienne Westwood
Les chaussures, signatures ultimes du raffinement, brillaient tout autant : J.M. Weston, Louboutin, Tod’s, Ferragamo, Jimmy Choo, Margiela, entre autres.
« Ces gestes, c’est faire revivre Ngantshie. C’est honorer notre dieu de la SAPE », confie un sapeur ému.
Une date spirituelle pour les fidèles de la SAPE
Pour Bibi Japonaise, figure féminine respectée du mouvement, la commémoration dépasse l’hommage vestimentaire : « Cette date est spirituelle pour nous. Ngantshie n’est pas qu’un homme, c’est un symbole. L’État congolais devrait valoriser davantage cet héritage culturel. »
Un hommage au-delà des frontières

L’événement n’a pas été limité à Kinshasa. Des commémorations parallèles ont eu lieu à Brazzaville, Abidjan, Paris, Bruxelles ainsi que dans plusieurs villes des Antilles, confirmant le caractère diasporique et transnational de la SAPE.
Ngantshie, héritier d’une lignée prestigieuse
Né le 31 mai 1952 à Léopoldville (actuelle Kinshasa), Stervos Niarkos ( de son vrai nom Adrien Mombele Ngantshie ) est issu d’un héritage aristocratique marquant :
– Fils de Pierre Mombele, ministre de l’Éducation dans le gouvernement Lumumba
– Président de l’Union des Bateke (UNIBAT)
Participant à la Table ronde de Bruxelles (1960)
– Petit-fils du roi Ngaliema
Un héritage qui façonnera très tôt son goût pour la distinction, le prestige et la mise en scène de soi.
Le pape de la “religion Kitendi”
Ngantshie ne fut pas seulement un homme élégant. Il érigea la SAPE en véritable philosophie de vie, presque une religion esthétique appelée Kitendi, fondée sur des principes stricts :
– propreté irréprochable
– élégance spectaculaire
– respect de soi
– affirmation identitaire par le vêtement
Autour de lui se structura une hiérarchie quasi religieuse : prêtres, grands prêtres et disciples. Son style de vie, costumes haute couture, pièces rares, voitures de luxe (Impala, puis première Porsche à Kinshasa), marqua durablement les esprits. Brazzaville adopta rapidement le mouvement, avec Djo Balard comme figure emblématique.
Un artiste souvent oublié

Au-delà de la mode, Stervos Niarkos fut également auteur-compositeur talentueux. Il collabora avec de grandes figures de la musique congolaise, notamment Papa Wemba, Bozi Boziana et Evoloko Joker.
Parmi ses œuvres marquantes figurent :
Toutou, Dernier coup de sifflet, Kinshasa-Brazzaville, Nostalgie personnelle, Bateke, Champs-Élysées, Koseka, entre autres.
Un pan artistique longtemps éclipsé par son aura vestimentaire.
Une disparition tragique, une naissance mythique
Installé entre Kinshasa et l’Europe, Stervos Niarkos s’éteint le 10 février 1995 à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, alors qu’il était incarcéré à Fresnes. Sa disparition brutale transforma l’homme en mythe.
Depuis, chaque mois de février, les sapeurs de Kinshasa, Brazzaville et Matadi se recueillent au cimetière de la Gombe pour honorer sa mémoire.
Ngantshie, plus qu’un souvenir
Trois décennies après sa disparition, Ngantshie dépasse le statut d’icône vestimentaire. Il incarne une résistance culturelle, une esthétique africaine moderne et une réappropriation du luxe comme fierté identitaire.
À Matonge, ce mardi 10 février 2026, les vestes croisées, les chapeaux feutrés et les souliers vernis n’étaient pas de simples parures. Ils étaient un langage. Une mémoire en mouvement. Un hommage vivant à celui que beaucoup appellent encore : Le dieu de la SAPE.
Barca Horly Fibilulu Mpia Ngantshie
